[Libération de Lyon, journées des 3 et 4 septembre 1944]

[Libération de Lyon, journées des 3 et 4 septembre 1944]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0706 001 00016
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
descriptionInscription(s) au verso : "Pik / Photo-reportages / 18, rue Royale - Lyon" (timbre). Inscription(s) manuscrite(s) au verso : "3 septembre 1944" ; "Après une fusillade de plus d'une heure, / place des Terreaux, les derniers miliciens / qui mitraillaient des fenêtres et des toits, / sont arrêtés et faits prisonniers / par les F.F.I." (légende).
historiqueDans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, la plupart des troupes allemandes sont évacuées. La rive gauche du Rhône est pratiquement libre le 2 septembre dans l'après-midi, mais les Allemands tiennent encore la rive droite et le feu de leurs mitrailleuses balaie la rive gauche. Dès le 1er septembre, Alban Vistel (1905-1994), président du Comité départemental de Libération qui ne dispose que de cinq cents résistants des Forces françaises de l'intérieur (F.F.I.), auxquels il faut ajouter quelques centaines d'hommes des milices patriotiques et une foule de sympathisants, donne l'ordre de resserrer le cercle autour de Lyon et de faire des reconnaissances dans les différents quartiers. Il est décidé que la ville sera attaquée le 3 septembre, à six heures trente du matin, si possible avec l'appui de la 1re Division française libre (1re D.F.L.). La rive gauche du Rhône ayant été abandonnée par les Allemands le 2 septembre, Alban Vistel entre dans la préfecture vide vers quatorze heures. Yves Farge (1899-1953) le rejoint vers seize heures. Le drapeau tricolore est hissé. Au début de la nuit l'hôtel de ville est occupé. A dix-huit heures, deux chars américains arrivent devant la préfecture et, au soir du 2 septembre, toute la rive gauche est occupée par les F.F.I. et des éléments de la 36e Division d'infanterie américaine. Le dimanche 3 septembre, à six heures du matin, les F.F.I. du commandant Mary et les Francs-tireurs et partisans des maquis de l'Azergues (F.T.P.), rejoint par des hommes des Forces françaises libres (F.F.L.), traversent le pont de l'Homme-de-la-Roche, attaquent la rive droite de la Saône et la Presqu'île, mais celle-ci est vide. Dans la nuit, la 19e armée allemande a réussi son décrochage. Vers neuf heures arrivent à leur tour les éléments de la 1re D.F.L., dont les premiers régiments de fusiliers-marins. Le général Diego Brosset (1898-1944) les suit et entre à l'hôtel de ville. Quelques miliciens réfugiés sur les toits ouvrent le feu sur la foule qui entoure les libérateurs. Ces foyers de "collaborateurs" sont nettoyés par les F.F.L. qui perdent une trentaine d'hommes. Le 3 septembre 1944, Lyon est donc libérée. Il fait beau, la foule est innombrable, des drapeaux apparaissent et la Marseillaise retentit... bien que la guerre ne soit pas finie ! Le lendemain, l'épuration commence. Yves Farge, commissaire de la République, décrète d'arrestation le procureur de la République, M. Ducasse, mais aussi le recteur des universités, André Gain, remplacé par André Allix (1886-1966). Il suspend également la Chambre de commerce et d'industrie. Quant aux professeurs révoqués par Vichy, ils sont réintégrés. Enfin, le 6 septembre, Justin Godard (1871-1956) est élu maire provisoire de Lyon. Une nouvelle page de l'histoire de Lyon est écrite... Source : Lyon et le département du Rhône dans la guerre 1939-1945 / Marcel Ruby, 1990 [BM Lyon, 6900 Z8.2 RUB].
historique"Pik", reporter-photographe, sise 18 rue Royale (Lyon 1er), comme en témoigne le timbre figurant au dos de l'épreuve, est attesté à cette adresse dans les annuaires lyonnais de 1949 à 1951. Evident pseudonyme commercial, "Pik" pourrait être le diminutif de "Pytilik" ou "Pytlik", nom sous lequel il apparait quelques fois. Il semble que ce courageux photographe ait suivi la 1re Armée jusqu'en Allemagne puisque nous trouvons son nom dans certains documents militaires (source non confirmée par ailleurs). Ses photographies ont également illustré plusieurs publications collectives nées au cours des mois qui ont suivi la Libération de Lyon : "Lyon sous la botte" [BM Lyon, Rés. K 125234], "Atrocités nazies en France" [BM Lyon, Rés 157427], "La Libération de Lyon" [BM Lyon, 210544], "Lyon, souviens-toi : mémorial des années 40-45" [BM Lyon, 148879], etc.
note à l'exemplaireCette photographie fait partie d'un ensemble de trois albums renfermant 72 tirages argentiques légendés, datés et crédités au verso par un timbre commercial portant la mention : "Pik / Photo-reportages / 18, rue Royale - Lyon". Ces tirages se répartissent entre trois reportages distincts : la Libération de Lyon, journées des 3 et 4 septembre 1944 (49 épreuves) ; la revue militaire de la place Bellecour avec le général de Lattre de Tassigny et le commissaire de la République Yves Farge, 5 septembre 1944 (10 épreuves) ; la mise à jour du charnier de l'aéroport de Bron, 30 septembre 1944 (13 épreuves). Cet ensemble a été acquis par la Bibliothèque municipale de Lyon à la vente De Baecque & Associés, le 2 Octobre 2014 (lot 460-461). Il est conservé sous la cote : Rés B 013600.

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