[Fontaine de la rue des Fantasques]

[Fontaine de la rue des Fantasques]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0257 07
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
historiqueSous les pentes de la Croix-Rousses, de celles qui regardent vers le Rhône plus précisément, on sait que l'eau coule en abondance. Tant et tant qu'une multitude de fontaines parsèment ce territoire. La plupart d'entre elles ne servent aujourd'hui à rien. Elles ne fonctionnent plus. Rue des Fantasques, nommée ainsi parce qu'il fut certainement dangereux de s'y risquer quand cette voie n'était qu'un chemin surmontant de très haut le bas des côtes, contre le trottoir de gauche quand on vient de la montée Saint-Sébastien, une fontaine construite en 1842 par l'architecte Dardel. Elle est un pilastre engagé dans la forteresse en pierre sèche de l'ancien hôpital militaire de Villemanzy. Sur le fût est sculptée la symbolique de Neptune, dieu de l'élément liquide : un trident autour duquel s'enroule un dauphin aux allures de dragon. On remarquera, sur la partie supérieure de cette allégorie, comme une tête du fils de Cronos et de Rhéa, formée par l'emmanchement de la fourche et la queue de l'animal. De profil, la tête du dieu est encore plus vraisemblable. Au-dessus, la frise du chapiteau représente une suite alternant feuilles et fleurs de nénuphar. Ce monument aquatique en pierre blanche et demi tendre n'a aujourd'hui plus de vasque, l'eau ne coule plus, mais on pense que derrière le long mur de Villemanzy, un réservoir se cache. Il méritera, comme la fontaine, d'être protégé par les monuments historiques. A cette fontaine, qui détonne légèrement dans un cadre architectural brutal et militaire, on peut rattacher une anecdote racontée par le commandant Deporcq en 1969. Avant d'être une enceinte militaire, ce terrain était occupé par le monastère des Colinettes : "Les eaux étaient si abondantes, se rappelle le commandant, que le couvent pouvait en faire bénéficier le séminaire sulpicien de Saint-Irénée, dont les prêtres venaient assurer !e service divin dans la chapelle des Colinettes. Or, les sulpiciens furent amenés un jour à suspendre leur service au couvent. La mère supérieure n'éleva aucune protestation, mais le lendemain, l'eau ne parvenait plus à Saint-Irénée". Après un fin échange de courrier écrit en latin, l'eau revint chez les sulpiciens : "Avec les eaux de la grâce revinrent celles de la nature". Toujours le même principe d'un prêté pour un rendu. Source : "La fontaine de la rue des Fantasques" in Lyon Figaro, 22 septembre 1987, p.10.

Retour