[Eglise du Bon-Pasteur]

[Eglise du Bon-Pasteur]
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localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPTL0083 04
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
descriptionAdresse : Eglise paroissiale du Bon-Pasteur, 23 rue Neyret, Lyon 1er.
historiqueL'église du Bon-Pasteur a été édifiée entre 1875 et 1883 par l'architecte lyonnais Clair Tisseur, également auteur de nombreux ouvrages en patois lyonnais sous le pseudonyme de Nizier de Puitspelu. L'église du Bon-Pasteur n'est plus affectée au culte catholique.
historiqueLe site : les pentes de la Croix-Rousse. Le lieu : la rue Neyret. L'objet : l'église du Bon Pasteur. Au premier abord, rien d'étrange dans tout cela. Des églises à Lyon, il y en a tant. Et pourtant... Sous l'église, se trouve un parking. Certes, pas de ces parkings dont on ne voit plus la fin, mais un parking quand même. Dans une ruelle sordide, sombre et un peu délabrée et sous une église délaissée, un petit recoin qui sert à une trentaine d'habitants du quartier. Des motards notamment. [...] Entourée d'escaliers typiques de la Croix-Rousse, de galeries et dans un état piteux, l'église du Bon Pasteur est isolée de tout. Isolée mais utile. Utile parce qu'un prêtre original a eu l'idée d'utiliser l'ancienne crypte et de la transformer en garage. On l'appelle Mario. Prêtre chargé des pentes de la Croix-Rousse, et notamment des paroisses Saint-Polycarpe, Saint-Bernard et du Bon Pasteur, Marius Faurie, de son vrai nom, est bien connu dans le quartier. D'une taille conséquente et avec une barbe digne de ses illustres prédécesseurs, ce curé des pentes, souvent en moto, est d'un dynamisme hors du commun. Son église et lui font une paire originale. D'un côté, le délabrement, de l'autre, la vivacité. Il raconte, d'ailleurs, avec passion l'histoire de sa paroisse. Dénommée "Du Bon Pasteur" parce qu'à cet endroit se trouvait la communauté du Bon pasteur, créée au dix-septième siècle par l'archevêque Camille de Neufville et destinée à accueillir des femmes désirant absoudre leurs péchés. Construite au dix-neuvième siècle, entre 1875 et 1883 par Tisseur, donc récente par rapport aux autres édifices religieux du quartier, elle a la particularité d'être singulièrement mal conçue. Elle n'a pas non plus l'aura de Saint-Polycarpe. La légende veut, à ce propos, que certains curés de l'époque soient tombés de son parvis. Car, à l'observer, il n'y a qu'une porte de sortie côté escalier. Devant, l'édifice est surélevé, intégré au mur, sans espace de sortie. [...] Sordide, donc, mais qui avive la curiosité. De bas en haut, le regard contemple une situation bien étrange. Il est écrit "Sorties de voitures. Stationnement interdit". De ses fondations apparaissent effectivement motos et voitures, à condition d'être là au bon moment. Et puis le regard se prolonge et l'église se dévoile. Une association unique à Lyon. [...] De nos jours, elle est destinée à rester là sans fonction. Et c'est la raison pour laquelle ses sous-sols servent de parking. Plus aucune messe n'y est dite, plus de cérémonies, l'église du Bon Pasteur est abandonnée. Comme si son sort avait été décidé, il y a des siècles. Comme si elle errait dans un espace urbain en voie de détresse... Source : "Un parking sous l'église" / Léon Bruneau in Lyon Figaro, 22 décembre 1987, p.8.

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