[Quai Achille-Lignon : démolition du Hall 29]

[Quai Achille-Lignon : démolition du Hall 29]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0758 FIGRPTL0047 06
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 18 x 24 cm (épr.)
historiqueDepuis le début du mois de juillet 1988, une ronde incessante de bulldozers et pelles mécaniques "balaye" deux des vingt hectares de la future cité internationale de Lyon. Là où se dressent encore les anciennes annexes de la foire - les halls 25, 27 et 29 - qui furent crées entre 1937 et 1955 pour compenser le manque de place du Grand Palais. Ce palais de la foire, construit entre 1918 et 1928 sous l'impulsion d'Edouard Herriot, a très vite été dépassé par le succès public de la foire de Lyon. Conçu à une trop petite échelle, ce bâtiment de 350 mètres de long sera pourtant le seul à échapper au couperet des aménageurs de la future cité internationale. Depuis le transfert de la foire de Lyon à Eurexpo vers 1985, les halls 25, 27 et 29 ne servaient plus à grand chose. Seul Lunapark et ses manèges en faisaient encore l'usage. Après la destruction du hall 26 en 1984 et du palais de l'alimentation, l'année suivante, c'est le hall 29, l'ancien palais de la mécanique, qui, le premier, a ouvert le 26 juillet la série des nouvelles démolitions. La société Iafrate Gallois, qui s'est vue confier cette mission, avait trois mois pour réaliser ce "casse". Un mois seulement a été nécessaire... Les grands discours sont abandonnés. Place aux actes. Les élus lyonnais et notamment Jacques Moulinier, l'adjoint à l'urbanisme, se montrent très vigilants sur le planning de l'opération. "Pour l'instant, on respecte les délais. La date de livraison finale du centre de congrès de deux mille places, pièce maitresse de la cité internationale, est toujours prévue pour la fin 1991", commente Jacques Moulinier. Maintenant que le hall 29 a été "black-boulé", c'est une entreprise de Saint-Chamond, dans la Loire, qui va prendre le relais de Iafrate Gallois : détruire tous les parkings souterrains de l'ancienne foire et concasser vingt mille mètres cubes de béton armé. Puis un groupe de trois entreprises, lyonnaises celles-là (Bedioud, Mazzat et Nouvelle Eltra), parachèvera la démolition des deux derniers halls restants. "Tout sera rasé à l'automne", précise Bernard Mouillon, le directeur de la société d'économie mixte (SEM) du quai Achille-Lignon. La démolition de ces tas de ferraille rouillée permettra de donner le coup d'envoi aux travaux d'aménagements routiers de l'opération. La voirie de la future cité, financée par l'Etat, la DDE et la CoUrLy, représente, selon Hervé Desbois, le coordinateur technique du chantier, "un budget de quatre-vingts millions de francs au bas mot". II ne serait pas étonnant, toutefois, qu'on franchisse la barre des cent millions (une bagatelle dans un projet dont le coût global est évalué entre 1,5 milliard... et 2 milliards). II faudra en effet construire une rue intérieure menant au futur centre des congrès (réservée aux bus et taxis) et surtout une autoberge de deux kilomètres, en contrebas du quai, sur laquelle transitera la circulation. L'accès à la cité internationale ne se fera donc pas par le quai Achille-Lignon. "Les travaux de voirie vont bien durer deux ans", commente Bernard Mouillon. En tout cas, c'est seulement en septembre 1988 que l'on devrait en savoir plus sur la nouvelle configuration routière de la cité internationale. Les discussions portent sur le financement et Jacques Moulinier tient à présenter un projet très pensé. "Ces travaux de voirie doivent être traités en liaison avec le contournement nord-est de Lyon et non comme un cas isolé". Si les travaux préparatoires pour l'accès au centre de congrès prendront forme au printemps 1989, la prochaine étape importante de ce chantier réside dans la signature prochaine d'un traité de concession entre la ville de Lyon, la CoUrLy et la SEM Achille Lignon. "De la même manière que la CoUrLy est concessionnaire de l'opération menée sur le quartier de Gerland, la SEM de Bernard Mouillon le sera pour le quai Achille-Lignon", ajoute Jacques Moulinier. En attendant la résolution de ces "problèmes de forme", la future cité internationale commence déjà prendre forme. On connaît maintenant le nom de l'opérateur chargé de l'aménagement de la cité, le groupe SERL-SARI qui comprend également l'OGCR, le groupe Accor, Maeva, les Docks Lyonnais, l'ingénierie Financière, le Crédit Lyonnais, la caisse régionale des Crédit Agricole du sud-est, la Société Générale, la Caisse des Dépôts et Consignations et la Koweit French Bank. Mais l'illustration la plus concrète de l'avancement du chantier Lignon, c'est l'achèvement des travaux d'Interpol. L'organisation. internationale de la police criminelle devrait être dans ses murs en avril ou mai 1989. Les "superflics" sont bientôt à quai. Dans moins d'un an, Lyon sera la nouvelle capitale des polices. Source : "Les bulldozers défont la foire" / Pierre Perret in Lyon Figaro, 27 juillet 1988, p.5.
note bibliographique"1000 tonnes d'acier s'effondrent !" in Lyon Matin, 27 juillet 1988. - "Quai Achille-Lignon : 13.000 mètres carrés déjà démolis" in Le Progrès de Lyon, 27 juillet 1988.

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