[Jean-Philippe Aubanel, peintre et sculpteur]

[Jean-Philippe Aubanel, peintre et sculpteur]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0758 FIGRPTP0113 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
descriptionVue prise lors de l'aménagement de la place de la mairie en 1989. Sur la gauche, détail du "Chat rouge", sculpture de Jean-Philippe Aubanel (1989). Initialement placée le long du boulevard Edouard-Herriot, à Saint-Priest, la sculpture trône désormais à l'entrée du square du chat, avenue de la Gare.
historiqueLors du projet d'aménagement du centre-ville de Saint-Priest, la municipalité fit appel à l'architecte Laurent Salomon pour la réalisation d'un portique serpentant sur la façade de l'hôtel de ville, de la médiathèque et de la poste, et au plasticien Jean-Philippe Aubanel pour la création d'une fontaine en bordure de la mairie et au plein coeur de la cité. Avant-gardiste pour certains, en retard pour d'autres, le sculpteur Aubanel ne fait pas l'unanimité. Mais, une chose est sûre : plusieurs de ses oeuvres ornerons la future "Central place" de Saint-Priest.
historiqueLes couleurs qui "pètent" et les sculptures "faussement simples"... Jean-Philippe Aubanel adore. Les commerçants de Saint-Priest, un peu moins. Mais la vraie différence entre les deux, c'est qu'Aubanel, le peintre-sculpteur lyonnais a reçu carte blanche pour décorer la "Central place" de Saint-Priest et que les commerçants sont mal placés pour critiquer un projet sur lequel ils partent gagnants. Car, pour la première fois de son histoire, la quatrième ville du département va avoir "son" centre-ville. Un vrai, avec une galerie commerciale pour remplacer l'ancien Suma, des logements, un parking, une place, un commissariat de police... et des sculptures... On en parlait depuis six ans de ce projet. Voilà, c'est fait, ou presque. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'à apporter une dernière touche au "grand projet de la décennie à Saint-Priest" et à attendre le 24 septembre [1988] pour qu'une personnalité du gouvernement, vraisemblablement Michel Rocard et non pas François Mitterrand comme la rumeur le laissait entendre, coupe un ruban tricolore. François Mitterrand qui, entre parenthèses, possède une toile du sieur Aubanel. Offerte par son copain Charles Hernu. On a même parlé d'une pétition de trois mille signataires contre les sculptures de l'audacieux Aubanel, mais les "anti" se cachent. A notre connaissance, la seule pétition existante, dont on peut avoir trace, a trait à un mouvement de mauvaise humeur contre une rangée d'arbres qui va être plantée devant des vitrines de commerçants... Il n'empêche que les cinq sculptures de "Banane", le surnom d'Aubanel, ne sont pas "très bien perçues". Ceux qui sont encore plus polis trouvent cela "moderne". "Très moderne mais intéressant", commente le directeur de cabinet de Bruno Polga, Jean-Pierre Pirocca. Les riverains, à la cité des Alpes ou de Bellevue, sont plus perplexes. Et s'interrogent sur la signification du mobile, de "Bebert", de "Ginette", de la maison et du cheval, les cinq éléments-signal conçus par Aubanel. "Quand on me demande à quoi ça sert, je réponds que ça ne sert à rien et qu'en plus je suis payé pour le faire", ironise le créateur lyonnais. Saint-Priest n'échappe pas au débat ultra-classique sur l'art, un débat que résume lapidairement le sculpteur. "Quoi qu'on fasse, on est toujours critiqué. Ceux qui n y connaissent rien trouvent mon travail avant-gardiste. Et ceux qui se disent spécialistes le trouvent en retard. Moi,je dis que l'avant-garde, un terme d'abord militaire, n'est pas ma tasse de thé et que je n'ai pas à me justifier". Un artiste nature, Aubanel. Pas vraiment soumis aux angoisses existentielles. Ceux qui ne comprennent pas son oeuvre, les déçus ou les frustrés, ce n'est pas son problème. "Mon travail, c'est d'imposer mes formes. La mairie de Saint-Priest m'a sélectionné sur concours. Depuis, je n'ai jamais subi de pressions de ce côté. Les conditions de création sont même maximales ici et je pense qu'une ville comme Lyon devrait prendre exemple sur Saint-Priest...". Aubanel, qui, paradoxalement, a gagné le moins d'argent au moment où il était le plus connu, estime que "Lyon n'est pas un marché qui peut faire vivre ses créateurs". Loin de la polémique, Aubanel est surtout près des réalités. "Saint-Priest s'est bien débrouillé dans ce projet en obtenant des financements publics intéressants", poursuit-il. Effectivement, l'équipe de Bruno Polga a su utiliser au mieux les opportunités financières engendrées par les fameux contrats "Banlieues 89". Les aides sont tombées des quatre coins des ministères. Sur le périmètre de la ZAC du centre-ville, les finances locales n'ont dû subir qu'un coût de 6,2 millions de francs. C'est la SERL qui est concessionnaire de cet ouvrage jusqu'en 2003. "Ensuite, on sera propriétaire du tout", souligne Jean-Pierre Pirocca. "Mais l'essentiel dans ce projet, c'est d'avoir un centre-ville et une image qui sorte des autres villes de la banlieue". La différence n'est pas encore très visible, mais, quoi qu'il en soit, Saint-Priest, comme Bruges, la Venise belge, aura sa "Central place" en porphyre et en pierres bleues du Heinaut. Rare et cher... Source : "Le mobile qui mobilise" / Pierre Perret in Lyon Figaro, 1er septembre 1988, p.35.
note bibliographiqueLyon Figaro, 7 novembre 1990, p.8.

Retour