Plaque commémorative en l'honneur des Lyonnais morts pour...

Plaque commémorative en l'honneur des Lyonnais morts pour la patrie pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0910 001 00080
technique1 photographie numérique : couleur
descriptionSigné sur le cadre : Jh Dubuisson arch. (b. g.) ; Ene Pagny sculp. (b. d.).
historiqueAu lendemain de l'inauguration du monument des Enfants du Rhône, groupe d'Etienne Pagny élevé en 1887 à l'entrée du Parc de la Tête-d'Or, l'Union patriotique de l'Ain poursuivit l'idée d'établir dans chaque canton de ce département, presque au seuil des écoles, une table héroïque constituant pour la jeunesse française "la plus haute leçon de patriotisme". Ces modestes monuments, simples plaques commémoratives, étaient destinés à rappeler les noms des enfants de chaque canton morts pour la patrie pendant l'année 1870-1871. Les premières plaques furent inaugurées à Bourg-en-Bresse le 20 mai 1894, puis dans le reste du département. A l'exemple de ce qui avait pu se faire dans l'Ain, l'Union patriotique du Rhône, sous la présidence de Félix Sanaoze (1842-1901), soumit à son tour l'idée d'établir des plaques identiques dans chaque chefs-lieux des vingt-et-un cantons que comptait alors le département du Rhône, ainsi que dans les six arrondissements de Lyon. Le 22 mai 1894, sur la proposition du lieutenant-colonel Polonus (1826-1902), premier vice-président de l'association, l'Union patriotique du Rhône votait le principe de cette création. Après l'établissement d'un comité d'honneur à la tête duquel furent placées les plus hautes autorités du département, il fallut dans un premier temps recueillir les noms des victimes tuées au combat auprès des habitants des 268 communes du Rhône et des municipalités. Dès décembre 1895, l'Union annonçait se charger spécialement de la souscription et de la création des plaques commémoratives pour l'arrondissement de Lyon. Afin d'éviter toute erreur ou omission, des listes de recensement contenant les noms à placer sur le monument lyonnais furent régulièrement publiées dans la presse locale et affichées à l'hôtel de ville de Lyon et dans les six mairies d'arrondissement. Soutenue par l'opinion publique, le conseil municipal de Lyon apportait à son tour son aide à l'oeuvre des plaques commémoratives en lui attribuant une subvention de 3.000 francs (séance du 15 décembre 1896). Une première maquette du monument, due à l'architecte Joseph Dubuisson et au sculpteur Etienne Pagny - dont ce sera la dernière oeuvre -, fut présentée au Salon de la Société lyonnaise des Beaux-Arts de 1897. Le 21 novembre de cette année, l'Union patriotique du Rhône recevait la maquette définitive du projet. L'oeuvre se présentait alors sous une forme relativement simple : six plaques de marbre noir, sur lesquelles sont inscrits les noms des enfants de Lyon tombés pour la patrie au cours de l'année terrible, sont fixées par quatre clous dorés à un cadre en bronze. Sur la partie supérieure, un motif très ornementé montre un lion debout et fièrement campé sur un rocher, autour duquel s'entoure de symboliques branches de chêne. Une guirlande d'immortelles portant l'inscription "Morts pour la Patrie" accompagne les palmes allégoriques décernées aux héros. Les noms sont inscrits suivant l'ordre alphabétique et répartis sur différentes plaques en fonction des classifications militaires : Mobiles, Légions, Armée active et corps divers. Deux plaques supplémentaires, vierges de toute inscription, furent également prévues, probablement en prévision où de nouveaux noms seraient soumis à la commission après la fin du recensement et le début de l'exécution du monument. Placé dans l'atrium de l'hôtel de ville de Lyon, l'inauguration du monument lyonnais eu lieu le 30 octobre 1898 lors d'une grande fête patriotique. A cette occasion, un sonnet, "Le Lion aux soldats de 1870-71", fut composé par le poète Jean Sarrazin (1833-1914) et illustré par le dessinateur lyonnais Gustave Giranne (1865-1922). Jusqu'au début du XXe siècle, l'Union patriotique du Rhône poursuivit inlassablement son oeuvre en installant des plaques similaires dans les divers cantons du Rhône, notamment dans ceux de Villeurbanne (2 juillet 1899), de Saint-Genis-Laval (24 septembre 1899) de Limonest (8 octobre 1899), de Vaugneray (29 juillet 1900) ou de Saint-Symphorien-sur-Coise (2 juin 1901).
note à l'exemplaireNom original du fichier : IMG 4906.

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