[Chapelle de la Trinité]

[Chapelle de la Trinité]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRP00389 001
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 36 x 24 mm
descriptionAdresse : Chapelle de la Trinité, 29-31 rue de la Bourse, Lyon 2e.
historique"Lorsque l'on entre dans ce lieu, on se sent coupable de non assistance à monument en danger". Petite phrase signée Michel Noir. Un sentiment de culpabilité envers la chapelle du lycée Ampère qui s'explique aisément. Vu l'état dans lequel se trouve ce fleuron de l'architecture du deuxième arrondissement. Un état indéfinissable : des statues jonchées à même le sol, des gravas qui foisonnent dans tous les coins, une tribune prête à s'écrouler, plus aucun ornement. Bref, un bâtiment qui serait un parfait décor pour films fantastiques. La dégradation avancée et indigne de ce sanctuaire classé monument historique constitue une excellente raison pour lancer un programme de restructuration architecturale. En juillet 1989, il vient d'être établi par les instances dirigeantes de la municipalité. Ainsi, à l'automne 1990, cette chapelle, âgée de quatre siècles, retrouvera son prestige d'antan. Au total, dix millions de francs seront nécessaires à la remise en état du bâtiment. Six millions destinés aux bâtis intérieurs. Trois à quatre autres pour la façade. Un montant déterminé après une étude réalisée par les services de la conservation des Monuments historiques. "L'étude technique stylistique et d'analyse scientifique en laboratoire a été très précise. Elle a permis de définir le degré d'altération. Mais surtout, de mettre en évidence l'urgence d'une remise en état du monument dans sa globalité. Restauration de la façade, des décors picturaux des murs, datant du XVIIe siècle...", explique Marc Botlan, conservateur régional des Monuments historiques. Un travail de recherche relativement récent. Pourtant, face à la situation aléatoire de la chapelle, les réactions des riverains, doublées de celles des associations du quartier, ne datent pas d'hier. Lors des dernières élections municipales [mars 1989], le Comité du centre Presqu'île, à l'aide d'un questionnaire, interrogeait les candidats sur l'avenir de la chapelle. Une des rares réponses fut celle de Michel Noir, se déclarant prêt à agir. Même scénario du côté de la mairie d'arrondissement, au cours du premier conseil de la nouvelle équipe. Cette fois, c'est l'association Guillaume-Budé qui intervient en présentant la pétition menée en faveur de la chapelle. "Albéric de Lavernée s'est rendu sur les lieux il y a moins de deux mois. Je suppose qu'il a dû faire un compte-rendu au maire de Lyon. D'où la mise en place, aujourd'hui, d'un programme de remise en état", confie Jean-Pierre Mercier, vice-président de l'association Guillaume-Budé. Fin du XIXe siècle : dernière rénovation de la chapelle Ampère. Depuis, plus rien. Et un état qui se dégrade de plus en plus. Une chapelle qui n'en est plus une, livrée au pillage. Disparition de beaucoup de ses richesses. Notamment son orgue de dix-huit jeux transféré en 1920 à Saint-Chef, dans l'Isère. Quasiment oubliée, la chapelle du lycée Ampère est interdite d'accès aux touristes et même aux Lyonnais, depuis une dizaine d'années. Date à laquelle les élus de l'époque décident de la fermer. En raison du danger qu'elle représente. "Il faut dire que rien ne lui aura été épargné. Utilisée comme gymnase par les lycéens, elle servait également, fut un temps, de salle d'exposition. Des défilés de mode y étaient même organisés. Par la suite, André Mure, alors adjoint à la Culture, décide de stopper là toute forme d'abus. Heureusement. Car pour ce type de monument, une telle utilisation n'est pas tout à fait adaptée. De plus, certains n'ont pas hésité à planter des clous sur les murs à l'occasion d'expositions", explique Paul Scherrer, président du Comité centre Presqu'ile. Etrange comportement envers un monument classé. Car, selon la législation des architectes des Bâtiments de France, aucune modification, aucune opération ne peut être réalisée sur un monument sans autorisation. Encore plus étrange lorsque l'on sait que la chapelle est dotée d'un lourd passé historique. Son style n'est rattaché à aucun ordre architectural précis. Plus ou moins baroque, ce monument est unique dans la capitale rhodanienne. Même si on a tendance à le rapprocher de l'église Saint-Bruno-des-Chartreux. Enfin, la chapelle du lycée Ampère se trouve en plein centre de la Presqu'île. "Elle forme, avec le Palais Saint-Pierre et l'hôtel de ville, un ensemble architectural d'une richesse sans équivalent au monde sur un périmètre aussi réduit", poursuit Jean-Pierre Mercier. D'où la nécessité de sa rénovation. Qui entre parfaitement dans le programme de sauvegarde du patrimoine que poursuit la nouvelle municipalité lyonnaise. Une politique de conservation des monuments qui va bientôt toucher de nombreux autres édifices. Source : "Péril en la chapelle" / Séverine Meille on Lyon Figaro, 31 juillet 1989, p.3.
note à l'exemplaireCe reportage photographique contient 13 négatifs. Tirage(s) sous la cote : FIGRPTL0079.
note bibliographiqueLe Progrès de Lyon, 29 juillet 1989.

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