[Hôtel du Département du Rhône]

[Hôtel du Département du Rhône]
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localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0198 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
historiqueLe 18 août 1890, le Tout-Lyon se presse dans les salons de la préfecture que l'on inaugure ce jour-là en grande pompe, en présence du préfet Cambon et de Tobie Rebatel, président du Conseil général. Mme Rebatel flâne dans les jardins en compagnie de sa fille Blanche, laquelle rencontre là un jeune professeur inscrit au Parti radical. Il a nom Edouard Herriot et ils vont se marier sous peu. Voilà pour la petite histoire, sinon la légende. La grande histoire note que cette inauguration achevait près d'un siècle de vagabondage pour l'Assemblée départementale et l'autorité préfectorale, invariablement accolées. Sous la Révolution, le Conseil général commence par siéger dans l'ancienne salle des concerts, place des Cordeliers, puis à l'ancien Hôtel de l'intendance, à l'angle de la place Bellecour et de la rue Boissac, avant d'échouer à l'Hôtel de ville après 1792, plus tard rejoint par le tout nouveau préfet. Dès l'Empire, l'on décide d'aménager en préfecture l'ancien couvent des Jacobins, situé entre la place Confort (actuelle place des Jacobins) et la place Bellecour. Le cardinal Fesch voudrait en faire un séminaire, mais l'empereur désavoue son oncle et les services préfectoraux s'y installent sous la Restauration, après des travaux menés par l'ingénieur Cavennes qui ont trainé en longueur et fait flamber les budgets prévus. Le bâtiment est d'une austérité frisant la pauvreté, ce qui pousse le munificent préfet Vaïsse à repartir pour l'Hôtel de ville, avec ses services et après d'importants travaux entrepris par Dardel et continués par Desjardins. Le temps passe, la IIIe République s'installe, la municipalité lyonnaise, supprimée sous l'Empire renaît de ses cendres et l'Hôtel de ville s'avère trop exigu pour loger tout le monde. Le Conseil général décide la construction d'un nouveau bâtiment dans la plaine des Brotteaux, alors en cours d'urbanisation. On discute avec les Hospices civils, propriétaires des terrains. On essaie d'obtenir des crédit de la ville, qui refuse, et de l'Etat, qui fait traîner les choses. On confie finalement les travaux à l'architecte du département, Antonin Louvier, gendre du peintre Paul Chenavard, qui élabore, en le modifiant plusieurs fois, un vaste édifice aussi pesant que prétentieux. Mais les ennuis s'accumulent. Ce sont d'abord les élus ruraux qui s'effraient du coût, puis l'Etat qui entre en conflit avec le département. Le préfet Jules Cambon arrondit les angles et le bâtiment peut enfin être inauguré en 1890, trois fois agrandi par la suite : en 1935 par deux corps de bâtiment, en 1950 par un disgracieux immeuble rue Pierre-Corneille, surélevé d'un étage en 1970. De leur préfecture, les Lyonnais connaissent surtout l'extérieur : la double rampe d'accès, la volée d'escaliers, la façade à cariatides, allégories et pilastres, comme les beaux jardins ombragés, jadis livrés aux bambins, aujourd'hui envahis par les voitures. Ils connaissent moins l'intérieur : le très bel escalier d'honneur à double volée, les imposants salons aux indiscrètes dorures, la salle des séances, sa superbe verrière de Bégule et son immense toile représentant les gloires du Lyonnais et du Beaujolais. Le jeu consiste à les reconnaître. Et l'on dit que cela occupe parfois certains édiles lors des longues séances de nuit... Source : "De la rive droite à la rive gauche" / G.C. [Gérard Corneloup] in Lyon Figaro, 19 juin 1990, p.4.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP02335.
note bibliographique"Les révolutions du Département" / Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 19 juin 1990, p.3-4.

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