[Elections municipales de 1989 (1er tour)]

[Elections municipales de 1989 (1er tour)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPT0873A 06
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : salon de l'hôtel Métropole, 85, quai Joseph-Gillet, Lyon 4e.
historiqueUn résultat sans appel, un véritable raz-de-marée, plus spectaculaire encore que ce que les sondages avaient prévu. Michel Noir en tête dans les neuf arrondissements de Lyon est de facto, depuis le 12 mars 1989, le nouveau maire de Lyon. Il est vrai que, depuis plusieurs semaines, les sondages laissaient apparaître la dynamique d'un mouvement favorable au député de la Croix-Rousse. Contestés par les uns, décriés par les autres, ils n'auront péché que par manque d'optimisme puisque les résultats obtenus montrent un écart plus grand encore que celui qui avait été annoncé. Avec 43,48% des voix, Michel Noir devance largement Francisque Collomb (18,01%) et précède la liste de Gérard Collomb (23,16%). Un succès d'autant plus spectaculaire que dans trois arrondissements, les listes "Ensemble Lyon" l'emportent dès le premier tour. Dans le deuxième, Albéric de Lavernée (51,44%) gagne les cinq sièges du conseil municipal en balayant Camille Georges. Dans le quatrième, Gaby Caillet conquiert lui aussi tous les sièges, laissant Colette Moreau sur la touche. Dans le sixième, le résultat de Jean-Michel Dubernard (52,03%) est d'autant plus accablant qu'il écrase la liste de Francisque Collomb lui-même. C'est en effet dans ce secteur que le maire sortant était tête de liste avec comme colistier Raymond Barre. Le résultat obtenu par Jean-Michel Dubernard ne permettra même pas à l'ancien Premier ministre de siéger au conseil municipal. Ce succès doublé de victoires dans tous les arrondissements met Michel Noir en position d'autant plus forte que les listes de Francisque Collomb sont partout distancées par celles de Gérard Collomb. C'est le cas dans le troisième arrondissement où Michel Noir avait personnellement pris la tête de la liste et où il devance Simone André de près de trente points... Dans cet arrondissement, le score réalisé par le Front national et Bruno GolInisch (10,14%) lui permet de se maintenir au second tour. Le conseiller municipal sortant Max Pezon obtient 309 voix... Un résultat qui permet de penser qu'il n'a jamais réussi à dépasser le cercle de la famille proche des candidats qui figuraient sur sa liste. En revanche, avec 5,12%, les écologistes s'en sortent avec les honneurs. Parmi les arrondissements en ballottage, le septième est le second secteur où le Front national (11,34%) a la possibilité de se maintenir au second tour. Là aussi, la liste de Roland Fulchiron arrive en troisième position à vingt points derrière celle de Michel Noir, mais également nettement distancée par celle de l'union de la gauche. Pendant ce temps, Emile Vasquez, candidat pour la énième fois, n'arrive pas à franchir le cap des 5% qui lui permettrait d'être remboursé des frais de sa campagne. Ce scrutin vérifie une nouvelle fois la tradition qui veut que les candidatures isolées se retrouvent laminées, puisque dans le premier arrondissement, Marie-Françoise Frobert, ancienne suppléante de Michel Noir qui avait décidé de faire cavalier seul, atteint tout juste les 5%. En septembre dernier, elle était réélue de justesse conseiller général en ayant, il est vrai, l'appui et l'investiture de sa formation : le RPR. Sur les pentes de la Croix-Rousse, l'équipe complètement renouvelée de "Lyon d'abord" peut, certes, espérer avoir un siège mais avec un résultat plus que médiocre (11,01%). Elle ne devance les écologistes que d'un quart de point, ce qui permettra aux Verts (10,80%) de se maintenir au second tour, mais probablement pas à André Rives de gagner l'arrondissement. Ballottage aussi dans le cinquième arrondissement, où Bernadette Isaac-Si bille est largement distancée par Michel Noir et devancée par la gauche. Sur la colline de Fourvière, les Verts, avec 7,42%, réalisent un de leur bons résultats lyonnais. Reste les deux secteurs "à risque", les huitième et neuvième arrondissements. Dans le huitième, pour peu que les reports de voix se fassent bien, la liste d'union de la gauche conduite par le professeur Jean-Louis Touraine peut être battue au second tour, même si le Front national, qui a les moyens de se maintenir (10,04%), reste en piste pour le second tour. En revanche, la bataille sera plus difficile dans le neuvième, mais déjà en 1983, la liste de la majorité municipale ne l'avait emporté que de cinquante voix. On aura beau chercher du côté des abstentionnistes, s'il est vrai qu'ils ont profité du beau temps pour voter un peu moins massivement que d'habitude, le taux de participation de 57,15% ne peut servir d'explication alibi. Le 12 mars, la tornade s'appelait Michel Noir, balayant tout sur son passage. Alors que l'on connaît donc le nom du prochain maire, la seule question qui est sur toutes les lèvres est celle du premier adjoint. En annonçant très vite son intention de confier ce poste à un UDF, Michel Noir a, du même coup, fortifié la rumeur selon laquelle le poste pourrait revenir à Roger Fenech. Source : "Le raz-de-marée Noir" / Jeanine Paloulian in Lyon Figaro, 13 mars 1989, p.2.

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