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Edoüard prince de Beaujeu joüant aux Echats avec la fille de la Bessée

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    Vêtus de riches costumes et de couvre-chefs remarquables selon la mode de la fin du Moyen Âge, un homme et une femme sont attablés autour d’une partie d’échecs. Cette scène, quotidienne en apparence seulement, les saisit dans une grande [...]

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    Vêtus de riches costumes et de couvre-chefs remarquables selon la mode de la fin du Moyen Âge, un homme et une femme sont attablés autour d’une partie d’échecs. Cette scène, quotidienne en apparence seulement, les saisit dans une grande proximité : tandis que les regards s’échangent, la main de la Dame est délicatement posée sur le bras du seigneur accoudé. Nous touchons là à la dimension symbolique de ce jeu martial venu d’Asie, qui s’est progressivement chargé de connotations morales au cours de sa diffusion en Occident – à partir de la fin du Xe siècle, par l’intermédiaire de la culture musulmane.

    Si les « échecs moralisés » tels que théorisés par Jacques de Cessoles vers 1315 offrent une lecture allégorique du jeu où se reflète l’ensemble de la société médiévale selon une organisation idéale, les « échecs amoureux », composés par Évrart de Conty vers 1400, en livrent une vision conforme au contexte de l’amour courtois. Les partenaires de jeu, un jeune homme et une jeune femme, y rivalisent de qualités et s’y affrontent d’une manière codifiée qui n’est pas sans rappeler les règles de la conquête amoureuse selon le fin’amor.

    L’estampe était destinée à l’illustration d’un ouvrage du XVIIe siècle par Pierre Louvet, intitulé Memoires contenans ce qu’il y a de plus remarquable dans Villefranche, capitale du Beaujolois. Le graveur, Visselet, y reproduit un vitrail en grisaille provenant de l’hôtel de La Bessée à Villefranche-sur-Saône aujourd’hui conservé au Musée national du Moyen Âge :

     

     

    Bien que l’inspiration ne fasse aucun doute, il existe d’importantes différences entre la gravure et son modèle : outre la qualité d’exécution moindre et la disparition de l’environnement architectural et paysager, force est de constater une certaine perte de sens liée au fait que le personnage masculin ne tienne plus de pièce dans sa main gauche – supposément la Reine.

    Mais la véritable divergence réside dans la lettre de l’estampe, qui apporte un éclairage sur l’identité du couple de joueurs là où le vitrail les laissait dans l’anonymat. La référence à Edouard II de Beaujeu se rapporte à la tradition selon laquelle ce seigneur aurait enlevé une jeune fille de « maison bourgeoise à Villefranche » selon les mots de Claude Paradin dans son ouvrage posthume de 1606 . Nous sommes bien loin de l’amour courtois, et pourtant la dimension métaphorique de l’échiquier demeure. Quoique les faits soient désormais relégués au rang de légende, d’aucuns ont voulu voir dans ce rapt l’événement originel ayant conduit à la cession de la seigneurie de Beaujeu au duc de Bourbon.

    Echec et mat !

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    Edoüard prince de Beaujeu joüant aux Echats avec la fille de la Bessée
    Bibliothèque municipale de Lyon (Coste 13191)

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