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Bibliothèque municipale de Lyon | Ville de Lyon

Presse lyonnaise de 1790 à 1944

Dès le début du XIXe siècle, la presse lyonnaise témoignait des sensibilités politiques les plus diverses : du Progrès libre-penseur (il compta Jules Vallès au nombre de ses collaborateurs), au très clérical Nouvelliste. Il faudrait y ajouter un monument de l'écrit lyonnais : la Revue du Lyonnais, austère et savant périodique édité de 1835 à 1901, où des générations d'érudits évoquèrent des pans souvent oubliés de l'histoire locale.

A côté de ces grands titres battant volontiers des records de longévité (Le Salut Public parut de 1848 à 1944, fondé en 1859 Le Progrès existe encore), vivait ou bien souvent vivotait une nébuleuse de petites feuilles s'employant à déjouer les pièces de la censure et abordant les domaines les plus divers : les beaux-arts, la mode, mais aussi les problèmes sociaux et les revendications ouvrières. Sans oublier la presse satirique, par tradition bien présente dans la ville de Guignol.

De ce maelström de titres, la bibliothèque possède plusieurs milliers, des origines à nos jours. La collection complète du Progrès, celle-là même du journal toutes éditions confondues que ce dernier a décidé de déposer à la bibliothèque, occupe près de cinq cents mètres linéaires. Quelques feuilles éphémères tiennent dans une chemise cartonnée. Rareté absolue : un faux numéro du Nouvelliste, alors résolument collaborateur, imaginé et imprimé par les Résistants et qui circula dans Lyon quelques heures seulement, à l'aube du 31 décembre 1941. Rareté : L'Union des Bas-Bleus, journal féministe, parut en 1865, "rédigé par Camélia, Anita, Angèle, Aglaé et Lucrèce", et affichant à la Une son credo : "Nous ! Le symbole de la timidité, nous voulons combattre et vaincre". Rareté aussi : Le Conseiller des Femmes, hebdomadaire édité en 1834-1835 par la saint-simonienne Eugénie Niboyet (1796-1883), dans le but "d'élever les femmes à la hauteur de ce siècle". Rareté encore : L'Echo de la Fabrique (1831-1834), porte-parole des canuts, qui possédait tout un réseau de correspondants dans les grandes cités industrielles de l'Europe entière et même une édition en langue anglaise.

Singulière rareté : Le Papillon (1832-1835) : la couleur de son papier changeait chaque semaine !

Si la télévision est l’ancêtre d’Internet, l’ancêtre de la télévision est bien cette presse incroyablement féconde du XIXe siècle.

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