La bibliothèque et ses collections : 16 siècles d'histoire lyonnaise - La bibliothèque et ses collections : 16 siècles... - numelyo - bibliothèque numérique de Lyon
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Bibliothèque municipale de Lyon | Ville de Lyon

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    La bibliothèque et ses collections : 16 siècles d'histoire lyonnaise

    L’histoire du livre à Lyon se reflète particulièrement bien dans les collections des fonds anciens de la bibliothèque. Ce sont les marques laissées par les anciens possesseurs qui nous permettent de retracer l'histoire de ces livres rassemblés au fil des siècles.

    La bibliothèque carolingienne de la cathédrale de Lyon

    Cathédrale Saint-Jean. Détail du plan scénographique de la ville de Lyon au 16e siècle (facsimile)

    Des manuscrits mérovingiens provenant vraisemblablement des scriptoria des grandes abbayes de l’Ile Barbe ou d’Ainay symbolisent la première renaissance urbaine et intellectuelle de la ville. Ces manuscrits des Ve et VIe siècles sont les documents les plus anciens des collections qui se trouvent actuellement à la bibliothèque de Part-Dieu. Ils ont été conservés jusqu’à la Révolution française par les chanoines du Chapitre de la cathédrale, avec les manuscrits de la renaissance carolingienne.

    Au IXe siècle en effet, les évêques carolingiens de Lyon ont constitué autour du groupe cathédral à Saint-Jean une bibliothèque importante, qui a pu être composée de plus de 600 manuscrits à son apogée. Une cinquantaine de manuscrits est demeurée sur place à Lyon et fait partie, avec les fonds des grands couvents lyonnais, du patrimoine prestigieux confisqué à la Révolution par l’Etat puis confié à la ville de Lyon.

    La Bibliothèque du Collège de la Trinité

    Un collège pour enseigner les lettres (1527-1566)

    Barthélémy Aneau, principal au Collège de la Trinité. (Rijksmuseum, Amsterdam, peinture de Corneille de Lyon)

    À la Renaissance, dès le dernier quart du XVe siècle, alors que quatre foires se tiennent chaque année à Lyon, l’intense production des ateliers d’imprimerie autour de la rue Mercière fait de la ville une des capitales du livre après Venise et Paris. Au cœur de cette activité commerciale et intellectuelle, humanistes et « antiquaires » redécouvrent l’histoire et les vestiges de la cité antique. En l’absence d’université, le consulat lyonnais va créer en 1527 le Collège de la Trinité, alerté sur la nécessité d’ouvrir un collège pour la jeunesse par le médecin philosophe Symphorien Champier, historien « regrettant de voir mourir les lettres en cette ville et s’efforçant de l’y ranimer », et par Claude Bellièvre (échevin lyonnais). Il s’installe dans les « granges » cédées par les Trinitaires, rue Neuve, au bord du Rhône (à l’actuel Lycée Ampère). Les besoins éducatifs sont grandissants.

    Ce collège va connaître à ses débuts des conditions financières difficiles. La direction fut confiée à des professeurs laïques. Lyon étant une ville de marchands, on n’y enseignait au début, ni latin, ni grec. Plusieurs directeurs se succédèrent dont un médecin (Jean Canape) et un poète (Charles Fontaine). Le programme étant confié à des régents humanistes, on y enseigne le latin, le grec, le français et l’hébreu dès 1540. La ville s’achemine alors vers une sombre période ; en 1561, à la veille de l’occupation de Lyon par les troupes protestantes, la cristallisation des tensions religieuses va atteindre son paroxysme avec le meurtre du régent du collège, Barthélémy Aneau (1505-1561), soupçonné de sympathies pour la Réforme. Les conflits entre protestants et catholiques vident alors le collège.

    Ex-libris du collège de la Trinité, sans la mention « Societatis Iesu », datant donc de la période d’absence des Jésuites soit entre 1527 et 1565, soit entre 1595 et 1604.

    Le Collège des Jésuites (1565-1762)

    Ancienne bibliothèque du Collège de la Trinité. Album de photographies (BmL, Rés 149330)

    Chapelle de la Trinité en 1989. Fonds Lyon Figaro 1986-2006, photographe Claude Essertel. (BmL, P0740 FIGRP00389 001)

    Pierre-Paul Sevin (att. à), Deuxième façade de la cour intérieure, 1662 (AC Lyon, 17 Fi 126) © Archives municipales de Lyon

    La bibliothèque du Collège de la Trinité (actuel Lycée Ampère), à l’origine de la Bibliothèque municipale de Lyon, se constitue très progressivement. C’est en 1565 que le consulat changeant de cap, décide de confier la gestion du collège aux Jésuites qui viennent de lui rendre service pendant la peste de 1564. L’expérience est cependant interrompue car les Jésuites sont expulsés de France à la suite de la tentative d’assassinat d’Henri IV par Jean Châtel. Revenus en faveur par la suite en 1603, ils sont de retour à Lyon et ouvrent par autorisation du roi 14 collèges en France. Ils entament la période la plus brillante du collège qui va durer près de 200 ans.

    Le collège va étendre son emprise progressivement sur le quartier (rue Neuve et rue Gentil) avec la construction d’un passage vouté. La bibliothèque a longtemps consisté en des étagères dans les couloirs et dans les chambres des pères. Ces pères étaient pour la plupart de grands savants : historiens, lexicographes, humanistes, astronomes, mathématiciens, missionnaires (Canada, Moscovie, Syrie, Tonkin, Chine etc.). Les collections étaient en principe réservées aux professeurs, même si elles pouvaient être utilisées par des personnes de l’extérieur. En 1641, une bibliothèque est enfin construite sur les dessins du P. Martellange, mais en 1644, un incendie ravage les bâtiments. Elle est reconstituée grâce aux soins du P. de La Chaize, est agrandie au dessus de la chapelle des grands artisans et est reliée à l’ancienne partie par une arche de six mètres.

    Le collège ne sera vraiment terminé qu’en 1660 avec ses six cours et ses trois chapelles. Bâtiment austère en façade, mais parfaitement situé au bord du Rhône d’où la vue donnait alors par temps clair sur la chaîne des Alpes, les murs de la cour principale étaient entièrement couverts de fresques depuis disparues et qui ont été décrites par le P. Ménestrier dans Le Temple de la Sagesse. Œuvres des lyonnais Dupuy et Blanchet, elles avaient été exécutées en 1662 aux frais de la reine Anne d’Autriche.

    Suite à ces importants travaux, la bibliothèque est de deux tiers plus longue, et « en conséquence l’une des plus grandes et des plus belles salles d’Europe ». Elle contient entre 16 000 et 30 000 ouvrages. Ouverte en un grand vaisseau de 48 mètres de long, 11 de large, et 13 de haut, elle est appelée « sanctuaire des muses ». On y adjoint une salle spéciale, galerie de 22 mètres placée perpendiculairement pour recevoir la bibliothèque du cardinal de Neufville. Le tout est achevé en 1694. Par un couloir, on accédait au cabinet des médailles et des antiques installé dans la base du clocher, aménagé par le P. de la Chaize. Cette salle existe encore aujourd’hui. En plein XVIIe siècle, le collège qu’on appellera désormais le « Grand collège » comptera 900 élèves. De nouveaux bâtiments sont construits entre 1732 et 1743 pour permettre la construction de 200 chambres pour les pensionnaires. Le consulat était fier de son collège.

    Ex-libris du collège de la Trinité, lorsqu’il était dirigé par les Jésuites "Coll. Lugd. SS Trinit Soc. Iesu Catal. inscriptus 1609".

    Thesaurus linguae arabicae [...], de Antonio Giggei, Milan, 1632. (BmL, 22954 T. 03)

    Cursus theologici in Primam partem D. Thomae, de Jean de Saint-Thomas, Lyon, 1663. (BmL, 20895).

    Ces marques, deux étiquettes et une cote manuscrite, se retrouvent sur de nombreux livres de la bibliothèque. Elles semblent dater de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, et correspondent probablement à l’époque où le Collège était géré par les Jésuites. Ainsi, les collections de Camille de Neufville de Villeroy, placées dans une salle spéciale, possèdent une cote commençant par Vill.

    Menagiana ou les Bons mots et remarques critiques, historiques, morales et d'érudition, de Gilles Ménage, Paris, 1729. (BmL, Rés 304410)

    Les achats étaient subventionnés par la ville. Leur sérieux, ainsi que l’importance des ouvrages scientifiques, l’absence presque totale de livre philosophique, la place accordée aux périodiques et souscriptions étaient une constante des Jésuites. La bibliothèque s’est enrichie également de nombreux dons de premier ordre, toujours présents dans nos collections.

    Les dons au collège des Jésuites :

    Recueil. Portrait d'Edmond Auger (XVIe s.) (BnF, département Estampes et photographie)

    • Henri III : au XVIe siècle, le P. Auger reçoit d’Henri III un don de 1.500 ouvrages reliés destinés à la bibliothèque du Collège
    • François Bullioud : en 1610, la bibliothèque recevra du juriste lyonnais François Bullioud (1583-16..) la collection de son père, le procureur du roi Pierre Bullioud (1548-1597), passionné de langues anciennes. Elle contient plusieurs centaines de volumes en latin, grec et hébreu
    • Marc-Antoine de Mazenod : en 1659, Marc-Antoine de Mazenod fait don de sa collection
    • Les collections des pères jésuites : du XVIe au XVIIe siècle, les pères jésuites Auger, Coton, La Chaize ou Menestrier, confesseurs des rois, donnent aussi leurs collections au collège jésuite.
    • Camille de Neufville de Villeroy : en 1693, le legs de la bibliothèque de l’archevêque de Lyon, Camille de Neufville de Villeroy, apporte plus de 5.000 imprimés et manuscrits, la plupart reliés en maroquin. Des ouvrages de valeur sont alors signalés par le P. de Colonia en particulier des incunables et 300 manuscrits orientaux.

    Le collège des prêtres de l’Oratoire (1763 – 1794)

    En 1762, sur la pression de son entourage, Louis XV évince de France la Compagnie de Jésus. En 1765, les consuls font valoir que les collections sont propriété de la ville, alors que les créanciers et certains Jésuites voulaient en soustraire une partie à leur usage. En remettant la garde de la bibliothèque aux Oratoriens, le consulat insiste : il demeure néanmoins libre au consulat de reprendre ladite bibliothèque quand il le jugera à propos. D’autres villes font de même (Douai, Toulouse et Reims).

    Ex-libris du collège de la Trinité lorsqu’il était dirigé par les Oratoriens et avant que la bibliothèque ne devienne publique, soit entre 1762 et 1765.

    Même si les collections du Collège de la Trinité deviennent publiques, les Oratoriens gardent une bibliothèque privée, dans les locaux du Collège.

    Détail page de titre (BmL, B 511520).

    Détail page de titre (BmL, B 511520).

    « Cachet « Ex Biblio. Privata Collegii orator. Lugd. » accompagné de l’ex-libris manuscrit « Ex Bibliotheca privata Colegii Orator Lugd. 1783 » désignant la bibliothèque privée des Oratoriens après l’ouverture au public des collections du Collège de la Trinité en 1765 (BmL, B 511520).

    La Bibliothèque de l’ordre des avocats (1731-1765)

    Une bibliothèque gérée par l’ordre des avocats ouvre ses portes en 1731 à l’hôtel de Fléchère, dans le quartier Saint-Jean. Elle est ouverte au public deux fois par semaine, le lundi et le vendredi. La consultation se fait sur place et la collection est essentiellement juridique, car elle est initialement constituée des livres de l’avocat Pierre Aubert, complétés par ceux de l’avocat Claude Brossette puis, en 1734 par ceux du conseiller d’Etat, Nicolas de Saint-Maurice.

    Cachet « Biblioth. Publ. Lugdun. » (BmL, Rés 319833), similaire au fer de reliure et qui a probablement été utilisé par cette bibliothèque.

    Fer de reliure du Catalogue des livres de la Bibliothèque des avocats, par les relieurs Claude et Antoine Devers, (BmL, Ms 1713 – 1714).

    Une véritable bibliothèque publique (1765-1794)

    En 1765, trois ans après l’expulsion des Jésuites de France, le Consulat décide d’unifier les deux bibliothèques en un seul lieu, le Collège de la Trinité, à présent géré par les Oratoriens. L’ensemble est maintenant devenu public, avec une collection de plus de 40.000 ouvrages.

    La réunion de ces deux bibliothèques a créé de nombreux doubles qui ont été vendus lors d’une vente, en 1767 (Voir le catalogue de vente).

    Cependant, les ouvrages de droit de l’ancienne bibliothèque publique n’ont pas rejoint les collections du Collège de la Trinité, mais celles du Petit Collège, à l’emplacement de l’actuelle mairie annexe du 5e arrondissement de Lyon. La bibliothèque conserve le catalogue manuscrit de ces ouvrages (BmL, Ms Coste 1080).

    Cachet du collège de la Trinité lorsque sa bibliothèque est devenue publique, soit entre 1765 et la Révolution.

    La Révolution et ses conséquences

    Une période agitée, destructrice, mais fondatrice

    Les événements révolutionnaires entraînent la fermeture de la bibliothèque. En 1793, Lyon demeurée royaliste, est assiégée et la bibliothèque est fermée. Les républicains, du fort Montessuy, envoient des bombes : un feu violent accable le bâtiment pendant plusieurs jours, la toiture et le beau plafond de la grande salle s’effondrent. Des balles atteignent des volumes. La ville de Lyon s’étant rendue, deux compagnies de volontaires se chauffent usant des livres comme combustibles, utilisant de préférence les petits formats. En 1794, des délégués de la Convention font un tri pour la Bibliothèque nationale. D’après Van Praet, conservateur à la BN, 18 caisses rejoignent Paris. Des livres sont également déposés à la chambre des députés.

    Une période favorable aux enrichissements

    En parallèle, les biens confisqués aux communautés religieuses sont rassemblés dans divers dépôts dits « littéraires », encore que sur les 42 communautés existantes alors, une douzaine seulement obtempère aux décrets de la Révolution : le chapitre de la cathédrale Saint-Jean, les Augustins, les Dominicains, les Carmes (Carmes déchaussés et Grands Carmes), les Récollets, les missionnaires de Saint-Joseph, le séminaire de Saint-Irénée, les Feuillants, les Minimes, les Capucins (Capucins de Saint-André et Capucins de Saint-François) et les Visitandines (couvent de Bellecour).

    "Mr de Landine : Deputé de forez - né à lyon Le 6 mars 1756". Dessiné par René Duchemin (BnF, Est18Rev1).

    Après bien des discussions, les collections sont finalement confiées en 1795 à la nouvelle école centrale, sise dans l’ancien bâtiment du collège. Il faut attendre la loi du 8 pluviose an XI (28 janvier 1803) pour que le sort de la bibliothèque soit enfin stabilisé : la gestion en est confiée à la municipalité ; à charge pour elle de nommer et payer un bibliothécaire, et de dégager un budget de fonctionnement. Cette charge revient à Antoine-François Delandine (1756-1820). Les travaux de classement peuvent commencer. On estime alors les collections entre 80 et 90 000 volumes.

    La « Grande bibliothèque »

    La bibliothèque publique (anciennement bibliothèque du Collège de la Trinité) prend généralement le nom de « Grande Bibliothèque », et accroît ses collections régulièrement par des dons.

    Les dons à la bibliothèque de Lyon :

    • 1842 : legs Charvin
    • 1855 : acquisition de la collection Coste, indispensable à toute recherche lyonnaise
    • 1882 : legs Mestre, belle collection d’un bibliophile amoureux de textes littéraires reliés par les grands relieurs de l’époque
    • 1885 : achat de la collection Bubani (600 éditions de l’imprimeur Sébastien Gryphe)
    • 1905 : legs Morin-Pons, constitué d’imprimés historiques et de manuscrits sur les familles lyonnaises et dauphinoises

    En 1874, on estime les collections de Grande bibliothèque à 150 000 volumes.

    A partir de la fin du XVIIIe siècle, les cachets suivants ont été utilisés par la Bibliothèque municipale de Lyon :

    Cachet "Bibliothèque de la ville de Lyon" (BmL, 107788, page de titre)

    Cachet "Bibliothèque de la ville de Lyon. Lyon" (BmL, Rés 389350, page de titre)

    Cachet 'Bibl. Lyon" (BmL, 381118, contreplat supérieur)

    Cachet "Bibliothèque de la ville de Lyon" (BmL, Rés Inc 275, premier feuillet)

    Cachet "Ville de Lyon. Grande Bibliothèque" (BmL, 24663, page de titre)

    Cachet "Bibliothèque de la ville. Lyon. 1893" (BmL, 307906, page de titre)

    Cachet "Bibliothèque de la ville. Lyon. 1892" (BmL, 360660, page de titre)

    Cachet "Gde Bibliothèque de la ville. Lyon. 1895" (BmL, 105455, page de titre)

    Cachet "Bibliothèque de la ville. Lyon. 1894" (BmL, 319834, page de titre)

    Cachet "Gde Bibliothèque de la ville. Lyon. 1897" (BmL, 107332, page de titre)

    Cachet "Gde Bibliothèque de la ville. Lyon. 1896" (BmL, 341632, page de titre)

    Cachet "Bibliothèque de la ville de Lyon" (BmL, 157461, premier feuillet)

    Cachet "Gde Bibliothèque de la ville. Lyon. 1898" (BmL, 367419, page de titre)

    Cachet "Biblioth. de la ville. Lyon" (BmL, Rés K 00119, page de garde)

    Cachet "Biblioth. de la ville de Lyon" (BmL, 422062 T.01, page de titre)

    Jusqu’en 1912, la bibliothèque garde une empreinte forte des Jésuites, par ses locaux qui sont encore ceux d’origine et par ses collections qui forment un fonds encyclopédique et d’érudition.

    La Bibliothèque du Palais des arts (1831-1911)

    Lyon : Palais des Arts ; Le musée. (BmL, Fonds cartes postales, B01CP69000 000515)

    Fer de reliure de la bibliothèque du Palais des Arts.

    M.r PRUNE (Docteur Prunelle) par Honoré Daumier. (BmL, F19DAU008938)

    En 1831, cas unique en France, le maire de Lyon, Gabriel Prunelle, crée une seconde bibliothèque municipale, consacrée aux sciences et aux arts, qui prend le nom de Bibliothèque du Palais des arts, actuel Musée des Beaux-Arts, au palais Saint-Pierre, où elle est installée. Cette bibliothèque, outre un fonds municipal de plus de 5 000 ouvrages, regroupe les collections des académies et sociétés savantes de Lyon.

    Règlement de la bibliothèque du Palais des arts (BmL, AffP0322)

    Les collections des Académies et sociétés savantes de Lyon :

    En 1849, les Sociétés d’agriculture, linnéenne et de pharmacie décident conjointement de retirer leurs collections de la bibliothèque. Cependant, bien des donations et legs viennent enrichir le fonds.

    Les Acquisitions de la bibliothèque du Palais des Arts :

    1850 : Legs Lambert (livres et objets d’art)

    1853 : Legs du Dr Prunelle (9 500 volumes)

    1856 : Legs Rougnard

    1859 : Legs Bonafous (sériciculture)

    1860 : Achat de la bibliothèque du géologue Thiollière (4 000 volumes)

    1869 : Legs Des Guidi

    La bibliothèque du Palais des arts est estimée à 90 000 volumes en 1906, dont 21 000 estampes.

    La Bibliothèque du Palais Saint-Jean (1911-1972)

    Palais de l'archevêché et la cathédrale Saint-Jean, fonds photographes en Rhône-Alpes, prise de vue en 1980 par ©René Lanaud. (BmL, P0793 029 00608)

    Entrée de la bibliothèque du palais Saint-Jean, prise de vue en 1999 par ©Didier Nicole. (BmL, P0742 TP010-1)

    Heure de la découverte sur la "Visite des bibliothèques anciennes", prise de vue en 2011 par ©Didier Nicole. (BmL, P0742 BMLyon-Departement 097)

    Les locaux des deux bibliothèques deviennent vite insuffisants et les lecteurs se plaignent de la consultation en deux lieux différents. La municipalité profite donc de la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui libère les bâtiments de l’archevêché pour réunir en 1911 les deux bibliothèques. La même loi fait entrer les 33 manuscrits du cardinal de Bonald, de grande valeur, détenus par le chapitre de la cathédrale.

    D’autres entrées exceptionnelles vont suivre : celle de la collection de la Société de géographie de Lyon en 1921, celle du professeur Lacassagne la même année, et celle de la Société d’Agriculture, Sciences et industries de Lyon. En 1960, l’Académie de Lyon dépose la très riche collection de Pierre Adamoli.

    Le fonds ancien de la Bibliothèque municipale de Lyon

    En matière de connaissance d’histoire de la bibliothèque de Lyon, il reste encore beaucoup à faire. Il convient cependant d’insister sur l’importance du contexte lyonnais quant à la constitution des collections :

    • rôle des Jésuites
    • rôle des conservateurs successifs (parfois différemment compétents)
    • rôle des collectionneurs
    • importance des bâtiments

    Les collections sont encyclopédiques, avec les dominantes suivantes :

    • éditions lyonnaises
    • domaines typographiques largement représentés : Italie (vénitiennes, avec 820 impressions du XVIe, dont par exemple une vingtaine d’éditions de Pietro Bembo, romaines et florentines). Les éditions humanistes dont elles regorgent se trouvent aussi dans le domaine germanique (Bâle, Zurich, Nuremberg, Strasbourg). En moins grand nombre se rencontrent les livres imprimés en Angleterre, et encore moins nombreux ceux provenant d’Espagne et du Portugal, mais il faut savoir apprécier des chiffres même faibles : une enquête internationale sur les livres espagnols issus entre 1501 et 1560 en a trouvé en France dans sept bibliothèques : celle de Lyon occupe la place enviable de première après la bibliothèque nationale de France, avec quinze.
    • ouvrages religieux abondants de par l’origine de la bibliothèque (350 livres liturgiques par exemple)
    • livres de droit en proportion considérable (notamment beaucoup d’impressions lyonnaises)
    • les sciences sont un point fort des collections : alchimie, botanique, zoologie, 3 000 éditions de médecine
    • beaux-arts : 60 ouvrages d’architecture du XVIe siècle, livres à gravures
    • histoire (4 000 mazarinades, 10 000 factums et autant d’actes royaux, 5 000 décisions du conseil d’Etat, 12 000 pièces révolutionnaires, 2 300 canards, occasionnels, pièces officielles), 500 ouvrages populaires du XVIe
    • géographie : beaucoup de livres proviennent de la Société de Géographie de Lyon (6 000 récits de voyages, 40 000 cartes géographiques)
    • littérature (non chiffrable), mais on compte par exemple 10 000 pièces de théâtre
    • occultisme, dont 300 ouvrages relatifs à la Franc-maçonnerie
    • histoire du livre et bibliographies (estimation de 30 000 ouvrages)
    • on compte 84 volumes réunissant 23 000 pièces des XVIe et XVIIe siècles (Guerre civile, histoire de France jusqu’en 1614, Pièces relatives au siège de La Rochelle, cérémonies de divers événements, Recueil des affaires de Flandres, Recueil sur les affaires de Pologne, Affaires de Lyon, pronostications et apparitions…) ; pour le XVIe, si l’on prend, par exemple les imprimés parisiens entre 1501 et 1530 et que l’on compare notre fonds à la bibliographie de Brigitte Moreau, 18 ouvrages se trouvent uniquement à la BML, 27 figurent dans un autre dépôt, 32 dans deux autres dépôts

    Les Consuls de Lyon déclaraient en 1540 « l’art de l’imprimerie est le plus beau et le plus grand en cette ville qu’il soit en la chrétienté ». Les collections de la bibliothèque de Lyon en gardent heureusement le témoignage.

    Les directeurs des bibliothèques de Lyon

    • Antoine-François Delandine (1756-1820) : bibliothécaire de 1803 à 1820
    • Antoine Péricaud (1782-1867) : bibliothécaire de 1827 à 1847
    • Jean-Baptiste Monfalcon (1792-1874) : conservateur adjoint de la bibliothèque du Palais des Arts (1841) puis conservateur de la bibliothèque de la Ville de Lyon de 1847 à 1874
    • Etienne Mulsant (1797-1880) : bibliothécaire adjoint (1838) puis bibliothécaire (1874)
    • Félix Desvernay (1852-1917) : bibliothécaire adjoint autour de 1900
    • Richard Cantinelli (1870-1932) : conservateur de la bibliothèque (1904-1923)
    • Henry Joly (1892-1970) : conservateur de la bibliothèque (1924-1963)
    • Henri-Jean Martin (1924-2007) : conservateur de la bibliothèque (1962-1970)

    En savoir plus sur le site de la BmL.

    La Bibliothèque de la Part-Dieu (1972-...)

    Silo de la bibliothèque municipale de la Part-Dieu, Lyon, prise de vue en 2008 par ©Didier Nicole. (BmL, P0742)

    Entrée Vivier-Merle de la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu, Lyon, prise de vue en 2010 par ©Didier Nicole. (BmL, P0742 BMLyon-CCPartDieu N025)

    Comment la bibliothèque de la Part-Dieu vint au monde, grandit et décida de continuer. Lire le dossier.

    Bibliographie :

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