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On ne passe pas !

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    Membre de la 2e mission d’artistes aux armées en mars 1917, Maurice Neumont fait l’expérience du front et de ses réalités. Il offre dans cette affiche de propagande de 1918 une vision réaliste du soldat français, le « poilu », combattant des tranchées. Une autre version de cette affiche [...]

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    Membre de la 2e mission d’artistes aux armées en mars 1917, Maurice Neumont fait l’expérience du front et de ses réalités. Il offre dans cette affiche de propagande de 1918 une vision réaliste du soldat français, le « poilu », combattant des tranchées. Une autre version de cette affiche indique en-dessous de la signature de l’artiste la localisation de la scène, le bois de Vaux-Chapitre. Situé à Verdun, entre les forts de Vaux et de Douaumont, il constitue l’un des secteurs où le déchainement de la violence au cours de la longue bataille fut le plus terrible. La phrase « on ne passe pas ! », se détachant sur un ciel de feu, est également liée à la bataille de Verdun et fait référence à l’ordre du jour du général Nivelle en date du 23 juin 1916 : « L’heure est décisive. Vous ne les laisserez pas passer, mes camarades, le pays vous demande encore cet effort suprême. » Verdun est en effet le théâtre d’une vaste offensive allemande à partir de février 1916, destinée à réussir une percée sur un front occidental trop immobile et à « saigner à blanc l’armée française » selon le chef de l'état-major général allemand Erich von Falkenhayn. Le commandement français, résolu à ne pas céder un pouce de terrain, confie la défense de Verdun au général Pétain. De février à décembre 1916, soumis à de véritables déluges d’artillerie et de mitraille, pataugeant dans la boue d'une zone de combat transformée en décor lunaire, plus de 700 000 soldats vont mourir dans l’une des plus effroyables batailles de l’histoire de l’humanité, pour un résultat militaire quasi nul et des pertes humaines relativement équivalentes. Plus de 26 millions d’obus sont tirés en dix mois de combats apocalyptiques, dans lesquels la tâche essentielle du soldat consiste à survivre au feu tombé du ciel : beaucoup des combattants français morts à Verdun n’ont pas vu un seul soldat allemand. L’offensive de Falkenhayn est cependant brisée et la figure héroïque du « poilu » devient pour la propagande officielle l’incarnation absolue de la résistance française. Maurice Neumont exploite ce symbole dans cette affiche particulièrement expressive qui se lit comme un résumé de la bataille de Verdun, et au-delà, de la Première guerre mondiale sur le front occidental : le poilu se tient debout, son casque Adrian sur la tête, le masque à gaz pendu au cou. Sa capote bleue horizon, est lacérée en divers endroits. Portée à même ce manteau emblématique, la chape de peau de mouton apporte un supplément de confort thermique apprécié en hiver. Un obus non explosé fiché à ses pieds, le poilu tient de manière résolue son fusil à baïonnette, devant un « stahlhelm» gisant au sol. Ce casque d’acier, nouvellement conçu par l'armée allemande pour remplacer le traditionnel casque à pointe en cuir bouilli trop vulnérable, est introduit en masse au début de la bataille de Verdun. Il symbolise ici l’échec de l’offensive ennemie. Autour du poilu courent des fils barbelés, très largement utilisés au cours du conflit. Le paysage de désolation, laisse apparaître le bois de Vaux-Chapitre dont les arbres ont été hachés et pulvérisés tandis que les tours de la cathédrale de Reims en ruine, bombardées par les Allemands, s’élèvent en arrière-plan. En donnant de la guerre une vision réaliste souvent absente des affiches de propagande, Neumont insiste sur l’esprit de sacrifice des soldats au front, appelant en retour le soutien de la société civile, le « front intérieur ». L’affiche, commandée par l’Union des grandes associations françaises contre la propagande ennemie, a pour but de mettre en garde l’opinion publique contre une « paix blanche », paix sans vainqueurs ni vaincus, avec pour objectif essentiel de mettre fin aux pertes humaines jugées insupportables. Si les soldats ont su arrêter les offensives militaires, l’opinion est incitée à peser de tout son poids pour faire cesser l’offensive diplomatique qui empêcherait le triomphe final attendu des armées sur le terrain.

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    On ne passe pas ! par Neumont, Maurice, 1868-1930
    Bibliothèque municipale de Lyon (AffM0382)

    Droit d'utilisation : Domaine public, Licence Ouverte-Open Licence

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