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    Les lieux de spectacles de Lyon à Lugdunum

    Ce parcours sur les lieux de spectacles de Lyon à Lugdunum propose de confronter neuf édifices culturels emblématiques de Lyon antique et contemporain, dans leurs formes et leurs particularités à travers le temps et l’espace. Amphithéâtre, cirque, théâtre et odéon, sont ici mis en miroir avec le stade de Gerland, l’hippodrome de Parilly, le théâtre des Célestins, l’Opéra de Lyon, ainsi que l’Auditorium de Lyon. Comment résonnent ces vestiges aujourd’hui ? Quelles traces, tangibles et immatérielles, ont-ils laissées ? Autant de pistes qui traversent le présent dossier, constitué à l’occasion du projet collaboratif « arch&show : et si vous montiez une expo ». Il a impliqué pendant deux ans, des habitants et professionnels de Lyon en vue de la création d’une exposition sur ces lieux de spectacles, patrimoine culturel commun de notre cité. Toute une histoire, des techniques et un art de vivre à appréhender, interroger et partager.

    De Lugdunum à Lyon, de fil en aiguille

    Prenant exemple sur la cité antique de Rome, les habitants de l’Empire romain assistent à des spectacles variés. Mais c’est seulement dans les grandes cités que l’on construit des édifices durables, en pierre et non en bois, destinés à recevoir du public. Ainsi Lugdunum, capitale des Gaules, est une des seules villes à posséder : un amphithéâtre, un théâtre antique, un odéon et un cirque. Alors que la cité compte entre 25 000 et 50 000 habitants, la capacité de l’ensemble des lieux de spectacles est de plus de 50 000 spectateurs, ce qui leur permet d’accueillir des citoyens de toute la province.

    Ces quatre édifices, aujourd’hui identifiés, ont été construits entre 15 avant notre ère et le début du IIe siècle. Plus tard, sous le règne de l’empereur Hadrien (117-138) les plus anciens sont agrandis et magnifiés, symbole de la puissance de l’Empire romain durant la Pax Romana. A la chute de l’Empire, à la fin du Ve siècle, les édifices de spectacles sont abandonnés et utilisés comme carrière. Démantelés, ils servent à la construction de nouveaux bâtiments. Certaines parties de la ville sont délaissées au profit d’une vie plus près de la Saône. La colline de Fourvière est à l’abandon, les constructions disparaissent peu à peu, ensevelies par les éboulements et les travaux des champs.

    Ainsi lorsque les premiers savants s’intéressent au passé romain de Lyon, les hypothèses formulées à partir des vestiges encore visibles sont souvent erronées. Les plans suivants témoignent d'erreurs d’interprétation ou d’une réalité fantasmée.

    Marie-Antoine Chenavard, Lyon antique restauré d'après les recherches et documents de F.M. Artaud, 1850. (BmL, 5242 planche 1)

    Jules Sylvestre, Plan historique et archéologique de la Ville de Lyon. (BmL, P0546 S 415)

    Comme Lugdunum, Lyon est une ville cosmopolite et très diverse à l’image de ses habitants et de ses monuments. Elle n’a de cesse de créer des espaces communs, qu’ils s’agissent de poumons verts ou d’équipements dédiés aux spectacles, à la création, aux divertissements et aux sports. Ils lui assurent un rayonnement bien au-delà de ses murs, voire hors les frontières du pays. Témoins de l’importance et de la nécessité, pour une grande cité, d’édifier des lieux culturels spécifiques qui s’adaptent à l’évolution du territoire, des modes de vie et des usages des publics tout en marquant durablement l’espace-temps.

    Du pain et des jeux : du spectacle et de la démesure

    Une procession annonce souvent le début des jeux. Magistrats, soldats, danseurs, musiciens et prêtres participent à ce défilé festif et solennel dénomé "pompa" en latin – d’où l’expression « arrivée en grande pompe ». Les jeux mobilisent et fédèrent les habitants. C'est aussi un symbole de puissance qui célèbre au-delà du triomphe du vainqueur, la victoire de l'Empire hier, la reconnaissance de la nation aujourd'hui. Leur organisation demande des moyens économiques et humains colossaux.

    Les amphithéâtres et les cirques antiques ont laissé une double empreinte dans notre culture : l’importance sociale et politique du monde du spectacle pour la société et l'innovation technique par la modernisation des plans de bâtiments et d'éléments de machineries.

    Chacun sa place !

    La circulation dans les monuments est très efficace. Les stades actuels s’en inspirent encore largement puisqu’ils répondent aux mêmes besoins : faire entrer et sortir les spectateurs dans les meilleures conditions et les plus brefs délais. Une subdivision en travées verticales pour chaque entrée est pensée pour optimiser les déplacements. Les places du bas ont une entrée exclusive et rapide avec un accès direct aux gradins (cavea). La répartition des spectateurs obéit à une règle stricte. Du plus bas au plus haut, s'installent les Romains les plus puissants, sénateurs, puis suivent chevaliers, citoyens romains, esclaves, étrangers et femmes. De nos jours, le prix des places détermine la position des spectateurs. Hier comme aujourd’hui, le retour sur investissement tient à la satisfaction et la fidélisation des publics et la réputation de l'organisateur est engagée.

    René Lanaud, Entrée stade de Gerland, 1969. (BmL, P0793 017 00113)

    Stade de Gerland et amphithéâtre

    Dans l'amphithéâtre, [note] l’empereur ou l’editor, oragnisateur des jeux, est placé près du peuple. En effet, l’amphithéâtre est une combinaison de deux théâtres formant un ovale (plutôt qu’un cercle) à cause de l’approfondissement de la scène, ce qui contribue à cette proximité. L'empereur (ou l’editor), visible de tous dans sa tribune, bénéficie ainsi d’une communication privilégiée avec le public. Malgré son statut de dirigeant, il doit être à l’écoute de son peuple et ne peut imposer son verdict de mort si ce dernier souhaite épargner le perdant. Et inversement.

    René Lanaud, Amphithéatre des Trois Gaules, 1988. (BmL, P0793 013 00318)

    Georges Vermard, Fouilles archéologiques à l’amphithéâtre de la Croix-Rousse, 1967. (BmL, P0702 B02 09 681 00014)

    Les combats de gladiateurs, qui ont lieu l’après-midi, ne sont pas les seuls spectacles proposés dans l'amphithéâtre.

    Le matin, des parties de chasses - les velaciones - sont organisées. Une machinerie très impressionnante est activée par des hommes en sous-sol (hypogée) pour faire remonter les cages et libérer les animaux aux endroits les plus improbables, créant un effet de surprise. Les petites chasses mettent en scène de petits animaux. Viennent ensuite les grandes chasses, plus magistrales. Les animaux capturés proviennent essentiellement d'Afrique et du Proche Orient. lien jeux animaux

    Le midi, les condamnés à mort par décision de justice, rendue au nom de l'empereur, sont exécutés en public. Les exécutions s’inspirent ou illustrent des scènes de la mythologie. Les criminels sont contraints de revêtir les attributs des héros de la mythologie, tels Dédale, Icare ou Orphée avant d'être sacrifiés. Et dans l’arène, l’issue tragique du mythe devient réalité. Ces mises en scène sont fondamentales pour tenir en haleine le spectateur et contribuent au succès des jeux.

    Aujourd’hui, beaucoup supportent leur équipe dans les stades de foot, tout comme les Romains assistaient avec engouement aux jeux de l’amphithéâtre. Les concerts dans les stades répondent également à la magie du spectacle avec leurs effets spéciaux et leur ambiance. Aujourd’hui comme il y a 2000 ans, les spectateurs réclament confort et sensations.

    Jules Sylvestre, Inauguration du stade municipal de Gerland, 1926. (BmL, P0546 SA 8/3)

    Le clou du spectacle : les combats de gladiateurs

    Les gladiateurs, sont très populaires et fortement encouragés par les spectateurs. Leur entrainement de haut niveau est quotidien. Il a lieu dans l’enceinte d’une école dirigée par le « laniste », leur entraîneur et propriétaire. Les murs du bâtiment sont rehaussés car la plupart des gladiateurs sont des prisonniers qui décident de combattre dans l’espoir d’être libérés. Certains deviennent de véritables stars.

    Dans l'école, du matériel performant est mis à disposition et des médecins interviennent en cas de blessures. A l'origine les combats de gladiateurs visent à honorer les défunts et préparer les jeunes à la guerre. Les duels se professionnalisent progressivement et se stabilisent dans leur organisation à partir du Ier siècle de notre ère au moment de la Pax Romana. Il existe différents types de gladiateurs, chacun possédant son armature, des armes uniques à chaque combattant qui nécessitent une technique particulière.

    L'hippodrome et le cirque

    Le cirque [note], dont les vestiges se situent sous le cimetière de Loyasse, garde encore de nombreux secrets qui apporteront sans doute un jour un nouvel éclairage sur le patrimoine antique lyonnais.

    Sa forme oblongue contraint à construire l’édifice sur un grand espace plat et en périphérie de la ville, à proximité de la nécropole. Elle correspond également à celle de nos hippodromes. Celui de Parilly est intégré au parc dont il porte le nom. Il remplace celui du Grand Camp installé à la Doua.

    Jules Sylvestre, Plan du parc boisé de Parilly sur les communes de Bron et Vénissieux, [19..]. (BmL, P0546 S 1722)

    Georges Vermard, Les vues aériennes : Hippodrome de Lyon-Parilly, 1969. (BmL, P0702 B04 16 240 0001)

    Une mosaïque, retrouvée dans le quartier d’Ainay et conservée au Musée gallo-romain, représente les courses des quadriges. Cette mosaïque, bien que trouvée à Lyon, ne représente pas spécifiquement les jeux du cirque de Lugdunum, mais permet d’illustrer l’organisation de tels jeux et l’architecture du cirque. Les interprétations lors de sa découverte ont donné lieu à des hypothèses aujourd’hui erronées, mais décrivent avec intérêt le déroulement des courses. (Description d'une Mosaïque, Représentant des Jeux du Cirque Par F. Artaud, 350110)

    Joseph François Artaud, Description d'une mosaïque représentant des jeux du cirque, découverte à Lyon le 18 février 1806..., 1806. (BmL, 5303)

    Le cirque est le seul lieu de spectacle dans lequel hommes et femmes ne sont pas séparés. Peut-être assistent-ils aux courses de chars et partagent-ils aussi un moment d’échange social comme le décrit Paul de Chandieu, journaliste, dans son article sur les courses hippiques dans Lyon s’amuse.

    Lyon s’amuse, 2e année n° 29. dimanche 9 mai 1886. (BmL, 5431)

    Courses de chars : à la vie, à la mort !

    Les courses de chars à l’époque romaine offrent un spectacle où la vie des compétiteurs est engagée. Un couteau à leur ceinture permet de couper les liens qui les attachent à leur char en cas de chute. Les chars appartiennent à des associations qui se distinguent par leurs couleurs : rouge, blanc, bleu et vert. Chaque faction entretient un nombreux personnel : cochers, palefreniers, vétérinaires, charrons, selliers, etc… Le vainqueur de la course est récompensé d'une branche de palmier et d'un prix important en deniers. Les auriges les plus habiles jouissent d'une grande popularité et peuvent amasser de véritables fortunes. Les chevaux ont aussi leurs supporters et portent des noms illustres.

    La magie de la scène : entre représentations populaires et créations pour initiés

    Avec ses deux théâtres, le quartier de Fourvière est l’un des plus animés pendant l’Antiquité. Des vestiges sont encore visibles sur le plan scénographique de la ville du milieu du XVIe siècle, notamment ceux de l’odéon que les chercheurs identifient tour à tour comme ceux de l’amphithéâtre ou du théâtre antique.

    Georges Vermard, Les vues aériennes de Lyon : Théâtres romains, 1969. (BmL, P0702 B04 16 227 00001)

    Il faut attendre le début du XXe siècle pour que se produise une « re-découverte » du site. En 1933, Édouard Herriot, alors maire de Lyon, acquiert ces parcelles pour la ville avec l’objectif de poursuivre les fouilles. Dirigées par Pierre Wuilleumier, puis par Amable Audin, elles permettent de dégager des vestiges qui se révèlent être ceux d’un odéon et d’un théâtre. Les deux édifices sont par la suite restaurés entre 1953 et 1965. Aujourd’hui, ces deux monuments de spectacle reprennent vie lors du festival des Nuits de Fourvière.

    Le théâtre antique et le théâtre des Célestins

    René Lanaud, Théâtre romain, Fourvière, [19..]. (BmL, P0793 013 00106)

    Lyon Figaro (Claude Essertel), Théâtre des Célestins, 1992. (BmL, P0740 FIGRPTL249 7)

    Le théâtre édifié en 15 av. J.-C., est l’un des plus anciens de Gaule et l’un des plus vastes avec ceux d’Orange, de Vienne et d’Autun. Les spectacles joués sont tirés d’histoires de la vie quotidienne et de la mythologie. Parmi les spectacles proposés, la pantomime et le mime (chants et danses) sont des mises en scène musicales et chorégraphiques qui s’élaborent essentiellement sous le règne d’Auguste. Les gestes, expressions et masques jouent un grand rôle et compensent les différences de langues. Ainsi, les représentations théâtrales s’ouvrent à un nouveau public provincial, ne comprenant que peu ou pas du tout le latin. Les acteurs portent des masques et jouent indifféremment des rôles féminins ou masculins.

    Le théâtre : un espace de vie !

    De type romain, le théâtre se compose de trois volées de gradins superposées. Autour de la structure, de petites cases indiquent des petits commerces, qui vendent peut-être de la boisson ou des confiseries. Il possède aussi certainement un restaurant, et peut-être un hôtel, sur les hauteurs, pour recevoir des spectateurs plus ou moins prestigieux. Comme souvent dans de tels édifices de cette époque, il comporte aussi un système sanitaire avec des toilettes, dont les conduites d'évacuations sont encore visibles. Les invités de marques, ou les hauts notables, ont des sièges réservés autour de la fosse, au plus près des comédiens. Les très hauts dignitaires, souvent de passages, bénéficient d'une loge en retrait.

    Georages Vermard, Représentation musicale au Théâtre Antique : Orchestre national de Lyon, 1970. (BmL, P0702 B03 15 951 00005)

    Outre la comédie et le spectacle sous ses diverses formes, l'édifice a une vocation sociale. Vu le prestige du lieu, des discours et rencontres à caractère politique y ont sans doute été organisés. On ignore si ces rencontres sont publiques, ou bien réservées aux dignitaires ou à l'élite.

    Aujourd’hui, le théâtre des Célestins [note] programme des œuvres classiques et contemporaines et propose des actions qui visent à élargir son public. Entièrement rénové entre 2003 et 2005, il est devenu l'un des théâtres à l'Italienne les plus performants d'Europe. Le bâtiment est un couvent, reconverti en théâtre dans un décor à l’italienne à la fin du XVIIIe siècle. L’atmosphère y est alors bien populaire : le public s’exprime même pendant les représentations ! [note]

    Un sens de l’ingénierie… qui dure !

    Un velum couvre partiellement le théâtre antique. Ce système de bâches tendues par des cordes au-dessus des gradins est destiné à protéger les spectateurs du soleil. Il fonctionne au moyen de mâts, de poutres, de cordages et de machines. Au centre, un vide permet à la lumière de passer.

    Ce système a été repris par les architectes d'aujourd'hui pour le Stade de France ! Un rideau de scène [note] muni d’un système ingénieux reprend les nœuds utilisés par les marins. Cordes et poulies servent à actionner le mécanisme. Aujourd’hui, le rideau est toujours présent sur les scènes de spectacle. En velours, en toile ou drapé, il sert à séparer la scène et la salle, à cacher les coulisses, à dissimuler des projecteurs ou les changements de décors.

    L’Opéra et l’odéon

    René Lanaud, Odéon, Fourvière, [19..]. (BmL, P0793 013 00213)

    Lyon Figaro (Marcos Quinones), "Prométhée" à l'Odéon du Théâtre de Fourvière, 1989. (BmL, P0741 FIGRP00218B 002)

    L’odéon, ou petit théâtre, construit vers la fin du Ier siècle et le début du IIe siècle, est le seul exemple de ce type d’édifice en Gaule, avec celui de Vienne. Il peut accueillir jusqu'à 3 000 spectateurs.

    Contrairement au théâtre où se jouent les comédies et les tragédies, c'est un édifice réservé aux spectacles plus confidentiels. Avec des dimensions plus petites et un toit percé d’un puits de lumière, l’odéon privilégie l’acoustique et accueille des spectacles de musique et de lectures, plus érudits et moins populaires que le théâtre. Des déclamations ou des concours d’éloquences se tiennent aussi dans ce lieu ou à proximité.

    Peinture de Jean-Joseph Weerts, Un concours d'éloquence sous Caligula à Lyon (étude), La Piscine, musée d'Art et d'Industrie André Diligent, Roubaix. (BmL, Fonds vos photos, Philippe Rassaert, P0910 001 00090)

    Question d’acoustique !

    Une bonne acoustique dépend du bruit environnant. Il est important de protéger le bâtiment du bruit extérieur. Dans le théâtre antique, la disposition des gradins, l’inclinaison de la pente et la présence des spectateurs absorbent et renvoient tour à tour les ondes sonores. L’orchestra joue aussi un rôle dans la répartition de l’écho pour permettre aux spectateurs plus éloignés de la scène d’entendre correctement. Le haut du mur de scène est orné de colonnes et de reliefs pour atténuer les échos tardifs. L'architecture contemporaine est également attentive la qualité du son et de l’écoute. L’Opéra ou l’Auditorium de Lyon, équipent leurs salles de manière à assurer une acoustique optimale. Toutes les surfaces ont reçu à cet effet un traitement spécial et le choix des matériaux est adapté à l’utilisation du lieu (absence de pilier, bois, tissu...)

    Carte postale, Le Grand Théâtre, construit de 1827 à 1830, [19..]. (BmL, B01CP69000 000314)

    L’Opéra de Lyon connait une histoire mouvementée depuis la création. A la fin du XVIIe siècle, une académie de musique est fondée à Lyon. Commence alors une longue suite de complications marquées par les dépôts de bilan, les incendies ou les inondations ainsi que l’effondrement du bâtiment, nommé aussi bien Académie royale de musique que Grand-Théâtre. Des représentations éloignées du grand répertoire musical sont données, comme des spectacles de chiens savants ou de saltimbanques. La salle est même louée à des fins lucratives et des bals sont organisés.

    Yayos, Bal des étudiants, 1907. (BmL, AffG0131)

    Lyon Figaro (Marcos Quinones), Opéra national de Lyon, [19..]. (BmL, P0741 FIGRPTL0149 01)

    Toutefois, l’Opéra reste une institution emblématique de la ville de Lyon à travers les siècles. Il possède aujourd’hui une forte identité. C’est aussi la salle de concert de l’Orchestre National de Lyon avant la construction de l’Auditorium, qui devient le lieu privilégié pour ses répétitions et ses concerts.

    L'Auditorium Maurice Ravel : entre perle et coquille !

    L'Auditorium de Lyon, construit en 1975, est la plus grande salle de musique symphonique en province, "demeure" de l'Orchestre national de Lyon. L’histoire chaotique de son implantation lui donne sa forme particulière de « coquille St-Jacques », comme ironise alors l’architecte en charge des travaux sur la Part-Dieu, Charles Delfante. Il est situé dans le vaste ensemble architectural du quartier Part-Dieu, créé sur les terrains d’une ancienne caserne militaire à partir de la fin des années 1960. [note]

    Sylviane Blanchoz-Rhône, Visite des coulisses de l'Auditorium. La scène vue du 2ème balcon, 2016. (BmL, P0733 001 00397)

    La Bibliothèque au sein du projet collaboratif : entre ressource et diffusion

    Les contenus et ressources valorisés dans ce dossier thématique sur les lieux de spectacles à Lyon, constituent la part visible et pérenne de l’implication de la Bibliothèque dans le projet collaboratif multi-partenarial « arch&show, et si vous montiez une expo ?». Il s’est développé en deux volets, successifs en terme de démarche et complémentaires en terme de production.

    Initié en 2015 par le Service archéologique de la Ville de Lyon (SAVL) et les MJC du 5e, le Musée gallo-romain de Fourvière et les Bibliothèques du 5e dont le Pôle mobile, "arch&show" vise à impliquer des habitants dans la réalisation d’une exposition qui interroge et met en partage ce patrimoine commun de notre territoire. L’appropriation passe par des rendez-vous mensuels – visites, présentations, recherches – et la conception de l’exposition par une mise en commun des découvertes et leur traduction muséographique avec l’aide des professionnels.

    L. Strippoli©, Maquette chronotopographique révélant par stratigraphie la position des monuments anciens (vestiges retrouvés ou supposés car non mis à jour) et contemporains, JEP 2015.

    Marie-Antoine Chenavard, Lyon antique restauré d'après les recherches et documents de F.M. Artaud, 1850. (BmL 5242 planche 4 détail). Détail utilisé pour illustrer le plan de l’amphithéâtre sur la maquette chronotopigraphique.

    Marie-Antoine Chenavard, Lyon antique restauré d'après les recherches et documents de F.M. Artaud, 1850. (BmL 5242 planche 4). C'est dans cet ouvrage du Fonds Ancien qu'une partie de l'iconographie ayant servie à la construction de la maquette chronotopographique a été sélectionnée.

    Atelier pour la création d'un jeu numérique à la bibliothèque de Lyon, novembre 2016.

    Richard, habitant du 5eme arrondissement lisant son texte pour les enregistrements sonores de l'exposition à la Part Dieu, décembre 2016.

    Marielle et Richard (habitants du 5eme arrondissement) avec Virginie (service Pôle mobile) en séance de travail pour les enregistrements sonores de l'exposition à la Part Dieu, décembre 2016.

    Montage l'exposition en présence des participants à la Part Dieu, 5 décembre 2016.

    En 2015, le projet est porté par le Service archéologique, et l’exposition présentée à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine de septembre. La démarche inclut des « apéros-archéo », des visites des sites et équipements culturels, et des ateliers pour la réalisation. L’exposition, articulée autour de trois axes : le territoire, la société et l'ingénierie, comporte des panneaux mettant en parallèle les édifices d’hier et d’aujourd’hui, et des maquettes et des jeux permettant d’appréhender la dimension archéologique et les monuments antiques. Elle traduit les pistes de lecture originales portées par les participants. La bibliothèque contribue par l’apport de ressources documentaires, une aide à la recherche en salle et en en ligne [note], et une initiation à la scénographie.

    En 2016, l’exposition devient itinérante auprès des partenaires du 5e arrondissement dans sa forme initiale. La Bibliothèque municipale de Lyon poursuit la démarche afin de pouvoir la présenter à l’Espace patrimoine lors de l’événement « Démocratie : rêver, penser, agir ensemble. », une occasion d’illustrer une forme de la bibliothèque participative (présentée du 20 décembre 2016 au 11 mars 2017). S’engagent alors aux côtés du Pôle mobile, les départements de la Documentation régionale et du Fonds ancien, ainsi que les services numériques. Les rendez-vous incluent de nombreux ateliers de recherches et de découvertes. Les collections patrimoniales sont utilisées pour illustrer et enrichir le propos, se substituer aux panneaux explicatifs et servir de base à des outils interactifs numériques (adaptation de maquette en carte interactive et deux jeux : Qui suis-je ? et Le bestaire de l'amphithéâtre).

    Mise en place de la Sénographie de l'exposition avec les participants à la Part Dieu, 5 décembre 2016.

    La matière permet la conception parallèle du présent dossier numérique. Ainsi, une étape supplémentaire est franchie : la Bibliothèque, support et ressources, devient pleinement actrice et joue son rôle de diffusion et de conservation.

    Film de l’exposition construit au rythme des séances durant l’année de Janvier à décembre 2016. Réalisation J.L. Raby, qui a rejoint le projet lors des ateliers proposés par la bibliothèque en mars 2016.

    L’exposition itinérante est par ailleurs toujours empruntable sur demande auprès du Service archéologique.

    Jeux en ligne

    Les jeux numériques ont été créés lors d'ateliers avec des enfants à la Bibliothèque municipale de Lyon.

    Pour découvrir qui participe aux jeux dans la société romaine (acteurs, gladiateurs, spectateurs, organisateurs ...).

    Pour en savoir plus sur les animaux présents dans les amphithéâtres et leur origine.

    Suggestions bibliographiques

    Dossier réalisé par Virginie De Marco et Clotilde Charreton.

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