Dudley Hardy. De la couleur sur les brumes. - Dudley Hardy. De la couleur sur les brumes. - numelyo - bibliothèque numérique de Lyon
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    Dudley Hardy. De la couleur sur les brumes.

    « L’art d’un pays est sans aucun doute influencé par son climat. Dans un pays de brumes et de fumées, de ciels de plomb et de nuits qui tombent tôt les après-midi, […], une affiche doit non seulement rivaliser avec les conditions climatiques défavorables, mais dans les grandes villes, anglaises en particulier, triompher des fumées de charbon qui flottent en permanence. C’est pourquoi il est de règle que l’affiche anglaise soit fortement et brillamment colorée, d’où l’emploi très libre des couleurs primaires, soulignées par un ferme cerne noir. » W. S. Rogers, London Journal of the Royal Society of Arts, 23 janvier 1914.

    Comme pour nombre d’affichistes étrangers, l’œuvre graphique de Dudley Hardy a été peu appréciée en France, du moins chez les collectionneurs. Le Lyonnais M. Legendre, donateur de sa collection à la Ville de Lyon en 1908, étaient cependant avec Roger Braun l’un des amateurs français les plus portés sur la production anglaise. Les six affiches d’Hardy qu’il avait réunies et ici présentées font aujourd’hui partie du fonds d’affiches de la Bibliothèque municipale de Lyon. Numérisées et accessibles sur Numelyo, elles donnent l’occasion de porter un éclairage sur celui que l’on surnomma peut-être un peu trop vite le « Chéret anglais ».

    Né à Sheffield dans le Yorkshire en 1867, Dudley Hardy est le fils aîné de Thomas Bush Hardy, peintre de marines à l’œuvre féconde. Il fait son apprentissage sur le continent, à Düsseldorf, Anvers et enfin à Paris, où il séjourne de 1884 à 1885. Détail amusant, alors que Jules Chéret avait appris son métier à Londres, c’est dans la capitale française que Dudley Hardy étudie en partie l’art du dessin, où il est marqué par l’influence du « Roi de l’affiche ».

    Revenu en Angleterre, il s’engage dans une série d’affiches de spectacles, notamment pour les opérettes de Gilbert et Sullivan. Ces productions sont à la fois simples et remarquables par leur composition.

    Hardy utilise de puissants aplats et un répertoire chromatique plus restreint que celui de Chéret, faisant de ses affiches des tâches de couleur plus simples mais très efficaces dans l’accroche du regard. Le personnage ainsi que la typographie constituent la seule ornementation. La première affiche A gaiety girl pour le Prince of Wales' Theatre, fait date. Réalisée en 1895, elle oppose dans un puissant contraste l’aplat rouge et le blanc de la robe et du lettrage, ce blanc étant en réalité celui du papier de l’affiche, obtenu par la mise en réserve des parties non imprimées. Cette dualité simplifie au maximum la lecture de l’affiche.

    Dudley Hardy, Prince of Wales' Theatre, 1896 (BmL, AffP0223)

    La mise en scène d’une jeune femme enjouée, la « Gaiety girl », devient presque aussi iconique que la « Chérette » de l’artiste français à laquelle sont habitués les Parisiens. C’est le rapprochement de ce personnage avec ceux du Français qui vaut à Hardy le surnom de « Chéret anglais ». Il sait pourtant s’émanciper de son prédécesseur pour développer un style très personnel. L’économie de moyens est une des signatures de l’affichiste anglais qui emploie très souvent un personnage unique dans un décor souvent dépouillé à l’extrême.

    Il réutilise la technique de la réserve pour une autre affiche de « Gaiety girl », où le visage semble presque avoir été collé sur le support, tant le blanc de la surface non imprimée fait contraste avec le reste de l’affiche.

    Dudley Hardy, The chieftain, 1896 (BmL, AffP0224)

    Dudley Hardy, The grand Duke, 1895 (BmL, AffP0220)

    Dudley Hardy, A Gaiety Girl, 1895 (BmL, AffP0222)

    Les deux autres affiches de spectacles présentées ci-dessus reprennent ce modèle graphique efficace, le dessin étant seulement complété par le titre de la pièce, les noms des metteurs en scène et du théâtre. Ces informations les plus élémentaires équilibrent en outre la composition générale de l’affiche.

    Dudley Hardy s’attire de vives critiques avec l’affiche réalisée pour la comédie musicale The Yeomen of the Guard. Jouant comme à son habitude sur les contrastes de couleurs et les aplats, Hardy représente un bourreau masqué inquiétant sur fond de soleil sanglant. L’association de cette image forte avec les gardes du corps royaux évoqués par le titre de la pièce est cependant jugée comme une atteinte à la respectabilité du personnel monarchique.

    Dudley Hardy, The Yeomen of the guard, 1897 (BmL, AffP0221)

    Dudley Hardy, Dudley-Hardy's comic guide to the 1d jubilee, 1895 (BmL, AffP0259)

    Cela n’empêche pas Dudley Hardy d’illustrer un guide humoristique à l’occasion du Jubilé de diamant de la reine Victoria. Organisé le 22 juin 1897, il célèbre les soixante années de règne de l’un des plus puissants souverains de l’époque. Hardy dessine bien évidemment l’affiche de promotion de son ouvrage. Composé de 15 dessins au style naïf et drôle, la publication se solde par un échec commercial, lui-même à l’origine d’une faillite en 1901. Le visage et la rondeur du héraut royal sont traités de manière humoristique et la typographie elle-même, tout en volumes arrondis, semble faire écho à l’illustration principale. L’espace blanc en réserve attire l’attention sur le diamant symbolique.

    Le talent de Dudley Hardy s’exprime au final par un graphisme personnel, affranchi de la tutelle de Chéret, ce qui lui vaut de rencontrer de son vivant un succès d’estime auprès des critiques, aussi bien anglais que français. Reconnu comme le chef de file de l’affiche anglaise par Octave Uzanne, il bénéficie également des louanges de son compatriote Edward Bella, pour qui il « a rendu autant de services aux Anglais que M. Chéret à la France ».

    Dudley Hardy meurt d’une crise cardiaque en 1922. La plupart de son œuvre d’illustrateur est aujourd’hui conservée au Victoria and Albert Museum de Londres.

    Pour aller plus loin :

    Pour citer cet article

    Référence électronique

    Gérald Andres, Dudley Hardy. De la couleur sur les brumes., numelyo [en ligne], mis en ligne le 2015-04-22T09:24:49Z, modifié le 2017-03-22T12:13:06Z, consulté le 2017-12-15 01:56:28. URL : http://numelyo.bm-lyon.fr/BML:BML_00GOO01001THM0001dhardy

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