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    Une œuvre sûre de Bernard Salomon : les illustrations des Hymnes du temps et de ses parties, édités à Lyon par Jean de Tournes en 1560.

    Cette édition lyonnaise a la particularité de réunir des gravures dont le dessin est du à un peintre renommé de la Renaissance lyonnaise, Bernard Salomon. Il s’agit des seules gravures attribuées de son vivant.

    L’édition lyonnaise

    Hymne du temps. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 7).

    Hymne de Lucifer. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 12).

    Hymne du jour. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 16).

    Hymne des heures. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 21).

    Hymne de la nuit. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 22).

    Hymne de Janvier. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 32).

    Hymne de Février. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 38).

    Hymne de Mars. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 42).

    Hymne d'Avril. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 46).

    Hymne de Mai. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 50).

    Hymne de Juin. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 56).

    Hymne de Juillet. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 60).

    Hymne d'Août. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 66).

    Hymne de Septembre. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 70).

    Hymne d'Octobre. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 74).

    Hymne de Novembre. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 80).

    Hymne de Décembre. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4, exemplaire remonté (BmL, Rés 373727, p. 85).

    Les Hymnes du temps et de ses parties sont une édition lyonnaise de 1560, de format in-quarto de 88 pages, réunissant 17 hymnes ou chants versifiés de la plume du poète Guillaume Guéroult, auteur de livres d’emblèmes et traducteur de textes classiques. Ces hymnes sont dédiés au temps et aux mois de l’année. Ils sont précédés d’un texte en prose didactique et ornés pour chacun, d’une gravure sur bois illustrant la personnification du temps à l’intérieur d’encadrements d’arabesques et d’entrelacs stylisés, avec parfois des palmettes et quelques bucranes. Cette édition est protégée par un privilège royal daté du 22e jour de mars 1558, accordé à l’imprimeur et libraire établi à Lyon, Jean de Tournes.

    Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4 (BmL, Rés 373727, page de titre).

    Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4 (BmL, Rés 373727, Avis au lecteur).

    Une attribution exceptionnelle à Bernard Salomon

    La page de titre du livre ne nous renseigne ni sur l’auteur des vers, ni sur l’auteur des illustrations. C’est grâce à l’avis au lecteur écrit par Jean de Tournes qu’ils sont identifiés. En premier lieu est nommé l’illustrateur Bernard Salomon : « avec ce que j’espere que tu y prendras quelque delectation, pour estre le tout sorti de bonne main : car l’invention est de M. Bernard Salomon Peintre autant excellent qu’il y en ayt point en nostre Hemisphere », puis l’auteur des vers « la lettre de M. Guillaume Gueroult, duquel tu pourras juger apres avoir vù la grande douceur et le peu de contreinte qui sont dans ses vers ». Ce témoignage est assez exceptionnel car à la Renaissance, l’œuvre des illustrateurs lyonnais reste mal connu en raison de l’absence quasi générale de signatures sur les gravures. Les archives lyonnaises révèlent les noms de nombreux illustrateurs dits « peintre en papier » (dessinateur) ou « tailleur d’hystoires » (graveur) actifs dans la cité mais il reste difficile de les associer à des corpus d’images.

    Dans le cas de Bernard Salomon, même si ce peintre figure parmi ceux les mieux renseignés à Lyon, de nombreuses zones d’ombres demeurent autour de sa vie et de son œuvre. En effet, cité dans une trentaine de pièces d’archives, on sait qu’il était établi à Lyon entre 1540 et 1561. Il participa et dirigea de grandes festivités publiques en 1540, 1548, 1550, 1559, la plus importante étant celle consacrée au Roi et à la Reine, Henri II et Catherine de Médicis qui firent leur Entrée à Lyon en septembre 1548. À cette occasion, Bernard Salomon, mandaté à la tête d’une quarantaine de peintres, dirigea les travaux de peinture et de décoration. C’était un artiste savant, auteur d’un traité de perspective malheureusement perdu. Il réalisa des fresques et donna des modèles pour les industries locales, orfèvrerie, tapisserie, ébénisterie, céramique, mais aussi des dessins pour l’illustration des livres, comme en témoigne cet Avis au lecteur. Cet avis élogieux constitue le seul écrit du vivant de l’artiste lui attribuant des gravures. Il est écrit vers la fin de sa vie, puisque en octobre 1559, Bernard Salomon teste devant notaire. Ainsi, cette petite série de 17 gravures est à considérer comme une œuvre sûre du peintre.

    Le Jour ou Apollon conduisant le char du soleil. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4 (BmL, Rés 373727, p. 16).

    Les gravures : reflet de sa peinture ?

    Bien que « infinies autres figures et pourtraictures, paintures et tableaux sortis de sa main, … se voyent encore de luy à Lyon » en 1585, d’après le témoignage du bibliographe Antoine Du Verdier (La Bibliothèque d’Antoine du Verdier, Lyon, 1585, p. 480-481), on ne conserve malheureusement aucune peinture, ni dessin certifié de la main de Bernard Salomon aujourd’hui. Néanmoins, on peut se faire une idée de sa manière et de son style grâce à la gravure. En effet, plusieurs séries d’illustrations gravées lui sont associées sur la base de témoignages plus tardifs (1582, 1585, 1681) notamment des séries illustrant des Bibles (édition de 1555, édition de 1556), les Métamorphoses d’Ovide de 1557, mais aussi les illustrations du livret commémorant l’entrée royal à Lyon en 1548, paru chez Macé Bonhomme en 1549, dont on suppose naturellement que l’illustrateur est Salomon.

    Par rapprochement stylistique, on lui attribue aussi des gravures ornant les Emblèmes d’Alciat (1547) (édition latine de 1554), les Marguerites de la Marguerite (1547), les Fables d’Ésope (1547) (édition latine de 1551), La Chiromancie de Jean de Indagine (1549), les Devises heroïques de Paradin (1551) (édition de 1557), l’Épitomé du trésor des antiquités de Jacopo Strada (1553), Les prodiges de Jules Obséquent (1554), La Cosmographie de Levant d’André Thevet (1554) (édition de 1556), les Illustres Observations de Gabriele Symeoni (1558), L’Énéide de Virgile (1560), parmi les principaux titres illustrés.

    Les 17 illustrations gravées sur bois de l’édition des Hymnes du temps et de ses parties sont moins célèbres que les centaines d’illustrations des Bibles et des Métamorphoses qui se sont très largement diffusées grâce aux éditions en diverses langues parues chez les De Tournes, et qui ont été copiées par des artistes et des artisans de tous bords dans le royaume de France et plus largement en Europe. Ces 17 images se situent plus en marge de ce que l’on connaît de Salomon. Il manque les grandes architectures romaines et fantaisistes qui peuplent ses vastes paysages urbains ou naturels et qui mettent en œuvre les principes de perspective avec brio. Nous ne sommes plus dans le registre de l’hystoire selon la terminologie de l’époque, où le dessinateur raconte avec une certaine aisance les épisodes bibliques ou des Métamorphoses, où les protagonistes, fines silhouettes élancées, se meuvent à l’intérieur de scènes qui fourmillent de détails. Ici, le peintre se concentre sur la figure qui gagne en vigueur et en corpulence. On note un type masculin plus vigoureux, au corps musclé et à l’anatomie marquée, qui s’inscrit à l’opposé des silhouettes au canon allongé, graciles et presque efféminées que l’on voit dans les séries gravées des Bibles.

    Mars. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4 (BmL, Rés 373727, p. 42).

    Décembre ou Jupiter. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4 (BmL, Rés 373727, p. 85).

    Quant aux femmes, les divinités féminines sont ici caractérisées par des vêtements très amples, notamment à l’endroit des jambes. Elles ont des bras bien en chair, des mains potelées aux doigts écartés et courbés. Elles ont souvent des coiffures très relevées à l’arrière de la tête, et une sorte de frange composée de larges mèches en frisottis sur le pourtour du front haut.

    Avril ou Vénus. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4 (BmL, Rés 373727, p. 46).

    Novembre ou Diane chasseresse. Hymnes du temps et de ses parties, Lyon, Jean de Tournes, 1560, in-4 (BmL, Rés 373727, p. 80).

    Ces figures rappellent celles de gravures antérieures, parues dans les Emblèmes d’Alciat en 1547 (édition latine de 1554). Elles s’apparentent aussi aux allégories qui ornent le titre enluminé du deuxième volume de la célèbre Bible de 1557, imprimée sur vélin en 3 volumes in-folio, bel exemplaire de présentation conservé à la Bibliothèque nationale de France, à la Réserve des Livres rares. On se prend à penser qu’une facette de son art plus « monumental » aujourd’hui méconnu faute d’œuvres subsistantes, est ici révélé sous le prisme de la gravure et de l’enluminure. Rappelons l’activité de peintre en chevalet mais aussi de fresquiste de Bernard Salomon, évoquée dans les archives lyonnaises et par l’antiquaire Jacob Spon qui remarque encore en 1673, sur une maison située un peu avant le quartier de Vaise « une peinture à fresque du petit Bernard, dont tout le devant étoit peint » (Jacob Spon, Recherche des antiquités et curiosités de la ville de Lyon, Lyon, Jacques Faeton, 1673, p. 112).

    Une suite : l’édition genevoise des Hymnes des vertus, Jean II de Tournes, 1595

    Une suite a été donnée à cette édition lyonnaise comme l’annonçait déjà Jean de Tournes dans son avis « t’asseurant que si je vois que tu les reçoives en bonne part, je te feray voir en brief quelques autres semblables livrets, lesquels j’espere que tu verras de bon œil ». C’est le fils homonyme, Jean II de Tournes, qui mènera à bien ce projet et fera paraître l’édition des Hymnes des vertus en 1595 depuis Genève où il a du s’établir, à la suite de l’édit de 1585 d’Henri III, contraignant les protestants à abjurer leur religion ou à s’exiler du royaume. Cette édition très rare de 1595 est connue seulement par une mention faite dans le catalogue de vente de la Bibliothèque de Méon (Paris, 1803, p. 349). L’édition de 1605 est plus répandue. Elle est ornée de 20 figures allégoriques des vices et des vertus, à travers lesquelles on retrouve le canon si particulier, décrit ci-dessus, pour le dessin des figures féminines à l’intérieur d’encadrements élaborés en volutes, arabesques et entrelacs dans l’esprit des précédentes. Sans doute des dessins ou peut-être les bois gravés d’après Bernard Salomon ont subsisté et ont vu ainsi le jour, bien plus tard grâce au fils de l’imprimeur.

    Bibliographie
    • Daniella Boccassini, La parola riscritta. Guillaume Gueroult, poetta e traduttore nella Francia della Riforma, Florence : La Nuova Italia Editrice, 1985.
    • Estelle Leutrat, « Les Hymnes du temps et de ses parties (Lyon, Jean de Tournes, 1560) de Guillaume Guéroult et les illustrations de Bernard Salomon », dans Leila El-Wakil, Pierre Vaisse (dir.), Genève-Lyon-Paris. Relations artistiques, réseaux, influences, voyages, Genève : Georg Editeur, 2004, p. 29-39.
    • Maud Lejeune, « Preparatory drawings for woodcuts by Renaissance Lyonnais Artist Bernard Salomon », in Master Drawings. 52/2, New York, juin 2014, p. 147-180.
    • Vanessa Selbach, « De la diversité des activités d’un peintre à Lyon au XVIe siècle : les cas de Bernard Salomon et Pierre Eskrich (vers 1540-vers 1580) » dans Peindre à Lyon au XVIe siècle, Frédéric Elsig (dir.), Milan : Silvana, 2014, p. 74-89.
    • Dominique Cordellier, « Sur quelques dessins attribués à des graveurs actifs à Lyon au XVIe siècle : Bernard Salomon, Pierre Eskrich, Georges Reverdy et Pierre Woeiriot » dans Peindre à Lyon au XVIe siècle, Frédéric Elsig (dir.), Milan : Silvana, 2014, p. 90-105.
    • Maud Lejeune, « Bernard Salomon, dessinateur », dans Ludmila Virassamynaïken (dir.), Lyon Renaissance, arts et humanisme, cat. exp. Lyon, Musée des Beaux-Arts, oct. 2015-janv. 2016, Paris : Somogy, 2015, p. 256-263.
    • Maud Lejeune et Estelle Leutrat, « Comme en ung cabinet tresbien garny : l'œuvre de Bernard Salomon, répertoire de formes pour les arts graphiques et décoratifs » dans Ludmila Virassamynaïken (dir.), Lyon Renaissance, arts et humanisme, cat. exp. Lyon, Musée des Beaux-Arts, oct. 2015-janv. 2016, Paris : Somogy, 2015, p. 296-299.
    Audioguide Vidéos

    Dossier réalisé par Maud Lejeune, université Lyon 2.

    Pour citer cet article

    Référence électronique

    Maud Lejeune, Une œuvre sûre de Bernard Salomon : les illustrations des Hymnes du temps et de ses parties, édités à Lyon par Jean de Tournes en 1560., numelyo [en ligne], mis en ligne le 2015-11-16T15:29:02Z, modifié le 2017-03-22T12:18:03Z, consulté le 2017-10-20 11:06:27. URL : http://numelyo.bm-lyon.fr/BML:BML_00GOO01001THM0001bsalomon

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