« Où sont les femmes ? », SAINTE BLANDINE, Martyre chrétienne - « Où sont les femmes ? », SAINTE BLANDINE, (...) - numelyo - bibliothèque numérique de Lyon
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    « Où sont les femmes ? » SAINTE BLANDINE, Martyre chrétienne en 177

    Blandine fut arrêtée et emprisonnée avec 47 autres chrétien·ne·s et esclaves en raison de sa foi. Elle fut torturée dans l’amphithéâtre romain ; malgré l’acharnement et les supplices, elle ne renia jamais sa foi. Elle reste un exemple de force morale et de foi inébranlable.

    En 177, Lyon s’appelait Lugdunum et depuis 27 avant J.-C., Auguste en avait fait la capitale des Trois Gaules composée de la Gaule aquitaine, la Gaule belgique et la Gaule lyonnaise.

    En 12 avant J.-C., Drusus, gendre d’Auguste, avait choisi les pentes de la Croix Rousse pour construire un autel en l’honneur du divin César (Auguste) devenu grand pontife à Rome : l’autel des Trois Gaules . Cet autel consacrait l’institution d’une religion d’Etat. Il portait des insignes impériaux et remplaçait les temples de l’époque républicaine. Il portait également le nom des soixante peuples gaulois.

    Autel des Trois Gaules sur un dupondius de bronze frappé sous Auguste (c.10-14) à Lyon. Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, Inv n° 2396 N (Wikipedia).

    Ainsi, depuis l’an 12, chaque 1er aout, les délégués des 60 peuples gaulois se réunissaient pour célébrer le culte de Rome et de l’Empereur. De cette époque, restent les colonnes qui soutiennent l’église d’Ainay.

    Georges Vermard (1934-....), Fouilles archéologiques à Lyon [Les ouvriers sur le chantier], 1967.

    Si l’on connaissait depuis longtemps l’emplacement de cet autel, il n’en était pas de même pour l’amphithéâtre des Trois Gaules dans lequel ont été martyrisé·e·s les chrétien·ne·s. On a longtemps cru qu’elles/ils avaient été martyrisé·e·s à Fourvière. Il fallut attendre 1914, date à laquelle l’architecte Nail trouva une scène laissant présager l’emplacement d’un théâtre, puis la volonté sans faille de la mère supérieure Elisabeth Rivet du Refuge de la Compassion qui improvisa des recherches avec son jardinier et les moyens du bord autour du couvent qui se trouvait sur les vestiges. Edouard Herriot, alors maire de Lyon, racheta le clos pour organiser des fouilles en 1933. On trouva alors un théâtre, un Odéon et un temple présumé de Cybèle. En 1958, un ouvrier remonta une plaque avec l’inscription de l’amphithéâtre datée de l’an 19, qui confirma que c’est ici qu’en l’an 40 Caligula fit mettre à mort le roi Ptolémée de Maurétanie, petit-fils de Cléopâtre et que les martyr·e·s furent sacrifié·e·s en 177.

    Riotord, Bertrand, [Le Jardin des plantes et l'amphithéâtre des Trois Gaules], 2005.

    Georges Vermard (1934-....), Fouilles archéologiques à Lyon [L'archéologue aux milieu des vestiges], 1967.

    En 177, le culte officiel des dieux et déesses romain·e·s a perdu du terrain face aux cultes venus de l’Orient et des populations émigrées. Il laisse place notamment au culte de Cybèle, idole maternelle et déesse de la féminité, d’origine phrygienne, qui a été l'un des premiers à s'implanter et qui s'est largement diffusé dans les couches populaires de l’Empire.

    Parallèlement, à ce culte et aussi en marge de la religion d’Etat, le christianisme se développe plus discrètement sous forme de sectes gréco-asiatiques groupant des affranchi·e·s de Phrygie.

    Le 30 mars 177, les deux grandes fêtes de ces cultes coïncident : la renaissance d’Attis, le fils (et amant à la fois) de Cybèle et le vendredi saint. On suppose que des incidents et des troubles à l’ordre public servirent d’alibi aux autorités pour intervenir.

    Gouilloud, André, Saint Pothin et ses compagnons martyrs : origines de l'église de Lyon, Lyon : 1868.

    Dans un premier temps, il y eut un véritable pogrom : la foule attisée par on ne sait pas vraiment qui, multiplie les sévices contre les chrétien·ne·s. Elles/Ils sont ensuite interrogé·e·s par les magistrats de la ville et obligé·e·s de confesser leur foi avant d’être conduit·e·s devant le Légat qui se montre d’une grande brutalité. Les arrestations se multiplient, ainsi que les violences au cours des interrogatoires et des périodes d’emprisonnement. L’évêque Saint Pothin, âgé de 90 ans et chef de la communauté, en décèdera.

    Vitrail de Saint-Pothin (Lyon 6e) (Wikipedia).

    Collombet, François-Zénon, Les martyrs de Lyon : épisode historique, Lyon : 1832.

    Blandine fut arrêtée et emprisonnée avec 47 autres chrétien·ne·s, esclaves ou ancien·ne·s esclaves. Elle subit comme les autres des mauvais traitements. Plusieurs de ses ami·e·s meurent sous les coups de la torture en refusant de renier leur foi.

    Le Légat décide de conduire dans l’amphithéâtre les plus résistant·e·s pour les livrer aux fauves. Avant cela, on les attache sur une chaise de fer chauffée et leurs corps se consument. Comme les bêtes ne les avaient pas achevés, on égorgea deux des martyrs : Sanctus et Maturus. Blandine quant à elle, était suspendue à un poteau, on la renvoya en prison, en attendant la prochaine séance de torture. Le dernier jour des combats, on introduisit de nouveau Blandine avec Pontique, un jeune de quinze ans. Elle et lui avaient assisté à toutes les tortures de leurs camarades mais avaient refusé de renier leur foi. La foule était déchainée, Pontique rendit l’âme le premier.

    Après les fouets, le gril, les bêtes, on mit Blandine dans un filet et on l’exposa à un taureau. La légende dit que son corps volait dans tous les sens, mais elle ne s’en rendait pas compte tellement elle était absorbée par son entretien avec le Christ et tellement elle était fière de ne pas avoir renié sa foi. On finit par l’égorger.

    Ducreux le Jeune, Ste Blandine, martyre de Lyon , [s.d.].

    Les païens reconnurent que jamais chez eux une femme n’aurait enduré de tels traitements. On jeta ses restes, ainsi que ceux des autres martyr·e·s aux chien·ne·s avant de les brûler et de disperser leurs cendres dans le Rhône.

    Comme pour les esclaves et les affranchi·e·s, la population de cette époque avait peu de scrupules à maltraiter les chrétien·ne·s, perçu·e·s comme des fauteur·euse·s de trouble et des provocateur·trice·s.

    Exemple de foi. Introduction de l'Evangile dans les Gaules. Lettre des Eglises de Lyon et de Vienne aux Eglises d'Asie, dans laquelle sont décrits les premiers combats et les premières victoires de l'Eglise gallicane. (An 177), [183.?].

    Cette histoire n’est pas une légende comme les autres ; elle a été racontée par un témoin oculaire, dans une lettre envoyée à des compatriotes resté·e·s en Asie. Cette lettre a été transcrite un siècle plus tard par Eusèbe de Césarée.

    Thévet, André, 1504-1592, Portrait de Eusèbe de Césarée.

    En la personne de Blandine, le Christ montra que ce qui paraît aux yeux des hommes mais non sans beauté, simple et méprisable, est digne aux yeux de Dieu, d’une grande gloire à cause de l’amour qu’on a pour lui… Tous nous avions craint que Blandine ne soit pas capable, à cause de sa faiblesse physique, de faire avec assurance sa confession de foi. Mais Blandine fut remplie d’une telle force qu’elle épuisa tous ceux qui successivement la torturèrent de toutes les façons du matin au soir…Ses bourreaux s’étonnaient qu’elle respirât encore quand tout son corps était brisé et ouvert. Cependant la bienheureuse, comme une courageuse et athlète, trouvait une nouvelle jeunesse dans la confession de sa foi. (Lettres des Martyrs de Lyon, extrait)

    C’est au moyen âge que le culte de Sainte Blandine s’est développé. La légende dit que quelques un·e·s des martyr·e·s seraient apparu·e·s à leurs frères pour dire que leurs corps n’avaient pas disparu et qu’il fallait bâtir une basilique en leur souvenir : la Basilique Saint Martin d’Ainay.

    Cellard, Façade de la basilique d'Ainay, construite sur l'emplacement où étaient décapités les martyrs chrétiens, [19..].

    Didier Nicole (1949-....), [Basilique Saint-Martin d'Ainay] , 1999.

    Boursier, Jean-Pierre, 1942-...., Basilique Saint-Martin d'Ainay, chapelle Sainte Blandine, vitrail .

    Références

    Retrouvez les dossiers de la série « Où sont les femmes ? » dans numelyo

    Ce portrait est un extrait des balades urbaines « Où sont les Femmes ? » proposées par l’association Filactions.

    Qu'elles soient artistes, poétesses ou réalisatrices, militantes, résistantes ou gastronomes, nombreuses sont les femmes qui ont laissé leur empreinte dans notre ville, sans être pour autant connues du grand public. Venez découvrir la ville à travers les lieux qui rendent hommage à des femmes qui ont marqué leur temps, par leurs idées, leurs actions, leur métier.

    Vous pouvez trouver plus d’informations sur notre association et nos balades urbaines sur notre site www.filactions.org ou sur Facebook Filactions Asso.

    Pour citer cet article

    Référence électronique

    Association Filactions, « Où sont les femmes ? », SAINTE BLANDINE, Martyre chrétienne, numelyo [en ligne], mis en ligne le 2018-07-06T08:21:22Z, modifié le 2018-09-17T14:44:25Z, consulté le 2018-10-22 13:46:19. URL : http://numelyo.bm-lyon.fr/BML:BML_00GOO01001THM0001Assofilactions_09

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