Quand la bicyclette fait la une : regard de la presse du XIXe siècle - Quand la bicyclette fait la une : regard de la... - numelyo - bibliothèque numérique de Lyon
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    Quand la bicyclette fait la une : regard de la presse du XIXe siècle

    Depuis son invention la bicyclette n’a cessé de susciter les passions, notamment à la fin du XIXe siècle où son usage se répand largement. Retour sur un véritable phénomène, comme en témoigne la presse de l’époque, et notamment le Progrès Illustré, qui aborde la délicate question des « sportswomen ».

    Inventé en 1817 par le Baron Karl Drais von Sauerbronn, le vélocipède, va bénéficier en 1860 du coup de pouce des frères Michaux, rémouleurs qui vont rendre plus sûr le peu pratique engin et donner naissance à la bicyclette en y ajoutant le système de manivelle à pied.

    Dans les années 1890 , la bicyclette ressemble déjà beaucoup à notre vélo moderne (sauf le dérailleur). Elle est alors devenue un véritable phénomène de société, dont Le Progrès illustré se fait l'écho avec humour. Je vous le dis, en vérité, notre fin de siècle appartient, à la bicyclettedéclare Jacques Mauprat dans son édito du 13 septembre 1891.

    La bicyclette est l'avenir de l'homme...

    Le Progrès illustré du 25 avril 1897 : les joyeusetés de la bicyclette...

    Trois mots célèbres, modifiés, à peine conteraient ses destinées : Hier, qu'était-elle? Rien. Qu'est-elle aujourd'hui? Quelque chose. Que sera-t-elle demain? Davantage. Son royaume en formation s'étend tous les jours. Elle est de tous les mondes : le grand, le moyen et le petit. Il n'est frontière pour l'arrêter, principauté où elle ne compte un sujet, retraite où elle ne pénètre. Elle est entrée dans la boutique, dans l'atelier et sinon dans le salon, du moins dans l'antichambre... et Paul Hamelle de conclure cette épopée de la bicyclette dans le n°243 du 11 août 1895... Par elle [la bicyclette] l'individu, affranchi une heure du joug professionnel retrouve conscience de lui-même, de son moi oblitéré au frottement de tant de forces étrangères, hostiles : le civilisé reprend contact avec la nature et avec sa nature. Le sédentaire sent se réveiller en lui le nomade ancestral. La bicyclette mêle un peu d'aventure et de poésie à notre vie si prosaïquement réglée…

    Quant à l'éditorialiste Jacques Mauprat, il voit dans la bicyclette un vecteur du progrès social : l'ouvrier des villes lui doit, enfin, cette autonomie qui lui permet d'habiter la banlieue, de louer une maisonnette ou les enfants et la ménagère vivront sainement avec de l'air et souvent un bout de jardin orné d'un brin de verdure ...( n°292 du 19 juillet 1896)

    Le gouvernement y voit apparemment un signe extérieur de richesse... Dans son édito du 31 juillet 1892, Arsène Alexandre s'en prend au député François Deloncle (1856 - 1922) décidé à faire voter un impôt sur la bicyclette pour renflouer les caisses de l'Etat : compte tenu de l'engouement pour la bicyclette, L'honorable M. Deloncle prévoit avec raison une source de revenus considérables pour ce nouvel impôt : l'extinction du paupérisme, la défense nationale, l'aisance pour tous, si chaque cycliste donne seulement trente ou quarante sous à la République...

    et de la femme !

    Progrès Illustré n°129 n°129 du 4 juin 1893

    La bicyclette est le véritable exercice de la femme... mais faudrait-il réglementer le port de la culotte comme le suggère le Préfet de police de Paris ( n°244 du 18 août 1895)

    Dans le n°227 du 21 avril 1895, Jacques Mauprat, s'appuyant sur l'opuscule de Just-Lucas Championnière, intitulé La Bicyclette fait l'apologie de cette nouvelle pratique féminine :

    Oui, s'écrie-t-il, la faible femme a fait ses preuves sur la bicyclette. Elle est arrivée à des performances très satisfaisantes ; et cela non seulement sans préjudice pour sa santé, mais pour son plus grand bien, au contraire de ce que l'on observe pour la danse à outrance dont je parlais tout à l'heure. Cette introduction de la femme dans le monde du sport est une révélation pour elle et sera presque la source d'une révolution dans les moeurs de la société, en commençant par le costume et en finissant par la régénération de bien des qualités perdues par l'inactivité musculaire.

    Toutes les jolies « sportswomen » peuvent donc se rassurer et pousser là pédale avec tranquillité. Non seulement leur chère santé ne court point de risques, mais elles rénovent les races, conjurent la dépopulation, et ainsi contribuent indirectement à la défense nationale.

    Progrès Illustré n°191 du 12 août 1894

    Que de choses dans la bicyclette ! Et qui eût pu croire que le salut de la société française lui viendra par la femme cycliste ! En vérité, je vous le dis, la bicyclette est Dieu, et le docteur Lucas Championnière est son prophète.

    Quoique cette émancipation sportive suscite de vives réserves du même Jacques Mauprat, quand il s'agit, comme Annie Londonderry, une jeune fille de Boston, de faire le tour du monde en bicyclette, en 16 mois et sans argent. Est-elle réellement bien une femme ?

    Elle fait partie de cette catégorie d'êtres neutres, de femmes-célibataires sans époux et sans enfants, que l'évolution sociale et les difficultés croissantes de l'existence ont fait naître spécialement en Amérique et en Angleterre. Elles forment là-bas une classe à part, très nombreuse, redoutable aux hommes par la concurrence terrible qu'elles leur font sur le terrain de la lutte pour la vie. On les appelle les « spinsters ». Ni épouses ni mères, ayant peu de besoins, donnant toute leur activité à l'emploi qu'elles occupent, elles sont préférées aux hommes par beaucoup de commerçants et d'industriels… ( n°213 du 13 janvier 1985)

    Progrès Illustré n°332 n°332 du 25 avril 1897

    D'autres moeurs américaines suscitent l'enthousiasme de Véloceman et de Cycloman, rédacteurs de la Chronique vélocipédique du Progrès illustré : Les journaux d'Amérique nous apprennent que récemment dans un théâtre de New-York une bicyclette superbement garnie de fleurs rares, fut offerte à une actrice, par un de ses admirateurs en guise de bouquet. Les Yankees sont quelquefois bien inspirés dans leurs bizarreries. La bicyclette fleurie, voilà un charmant moyen de remplacer le banal bouquet et la traditionnelle corbeille de fleurs. Les fleurs passent, la bicyclette reste et entretient l'amitié avec le souvenir. C'est très bien trouvé et très pratique.

    Naissance du sport vélocipédique

    Dès le n°25 du 7 juin 1891, Le Progrès relaie le succès de la course Bordeaux-Paris. D'où l'idée, en 1894, d'organiser ses propres courses...

     n°251 du 6 octobre 1895)

    Léon Cody au vélodrome de Lyon,

    n°251 du 6 octobre 1895)

    Je savais bien, déclare Jacques Mauprat dans son édito du 5 août 1894, que la bicyclette était une merveilleuse machine et d'un emploi chaque jour de plus en plus répandu. Mais, je confesse ingénument qu'avant les fêtes vélocipédiques du Progrès je n'aurais pas cru que le cyclisme put à ce point passionner les foules. Or, les faits sont là. Pendant quatre jours Lyon tout entier n'a été occupé que des courses Lyon- Paris-Lyon et Lyon-Dijon-Lyon. Qui l'emportera de Rivierre et de Meyer ? Lequel des amateurs enlèvera la première place dans le second tournoi disputé par l'élite des cyclistes de la région ? — telles étaient les questions que chacun se posait avec une sorte de fièvre, en s'arrachant les suppléments successifs que le Progrès faisait paraître sur chaque course .

    Le Progrès décide le même jour d'ouvrir une chronique vélocipédique : M. Delaroche, après l'immense succès des Courses de Lyon-Paris-Lyon (1040 kil.) professionnels, et Lyon-Dijon-Lyon (417 kil. ) amateurs, a décidé de créer, dans le Progrès illustré, une Chronique vélocipédique très complète. A partir du prochain numéro, toutes les semaines Le Progrès illustre donnera tous les renseignements concernant le sport vélocipédique, formations de sociétés, réunions sportives, courses, matchs, itinéraires de route pour Messieurs les Cyclistes amateurs...

    Le sport vélocipédique va-t-il détrôner le sport hippique ? En attendant la réponse à cette question, on organise à Lyon des courses vélo contre cheval. Le Vélodrome de Lyon invite Léon Cody (fils de William Frederick Cody, dit Buffalo Bill) à se mesurer, à cheval, contre les sprinters lyonnais. C'est William qui termine et gagne la course, après avoir pris la place de son fils désarçonné au dernier tour…( n°251 du 6 octobre 1895)

    Naissance du code de la route

    C'est seulement en 1874 qu'une première réglementation du préfet de police reconnait le vélocipède comme un moyen de transport et non plus simplement un objet de loisirs. Des règlementations municipales « vélophobes » sont rapidement promulguées. En 1894, une des rares dispositions législatives qui protègent les cyclistes est celle qui menace d'amende ceux qui auront excité ou n'auront pas retenu leurs chiens lorsqu'ils attaquent un cycliste. Cependant, dès 1890, les vélocipédistes s'organisent en clubs. Le Bicycle-Club est à la première association lyonnaise et d'une des sociétés fondatrices de l'Union Vélocipédique de France. Sous la pression de ces associations, dont le Touring Club de France, le gouvernement propose en 1896 une réglementation sous la forme d'arrêtés départementaux types, exhortant les maires à "conserver l'unité de la réglementation". Après diverses polémiques - pourquoi ne pas l'assimiler au cheval ou même établir une réglement spécifique ? - la réglementation concernant les vélocipèdes est alignée sur celle concernant les voitures... ou presque.

    La leçon de bicyclette au Parc de la Tête d'Or, n°283 du 17 mai 1896

    Chronique vélocipédique du 5 avril 1896 : Depuis que nous jouissons de quelques belles journées de soleil, les cyclistes prennent en foule le chemin du parc do la Tète-d'Or. La période de l'entraînement est commencée et il fait vraiment bon passer quelques instants autour du lac de notre beau parc. Ne serait-ce pas le moment de reviser l'arrêté qui limite la partie du parc permise aux cyclistes à la seule allée de ceinture, alors que les voitures, fiacres, cavaliers ont le droit de circuler dans tous les sens. Maintenant que le ministre de l'intérieur a pris un arrêté qui assimile la bicyclette à un véhicule ordinaire, pourquoi interdire aux uns ce qui est permis aux autres ? L'autorité municipale cet trop soucieuse d'être agréable à ses administrés pour laisser les choses en l'état.

    Pour citer cet article

    Référence électronique

    Anne Meyer, Quand la bicyclette fait la une : regard de la presse du XIXe siècle, numelyo [en ligne], mis en ligne le 2013-03-13T08:40:01Z, modifié le 2017-06-30T07:58:55Z, consulté le 2017-09-21 18:17:27. URL : http://numelyo.bm-lyon.fr/BML:01DOC0014a9633e277d34

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