[Pierre Allain, concepteur du mousqueton de spéléologue]

[Pierre Allain, concepteur du mousqueton de spéléologue]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0760 FIGRPT0243 05
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
historiqueAncien alpiniste, Pierre Allain est à lui seul une entreprise internationale. Dans son atelier il a conçu et produit le mousqueton et l'échelle de spéléologue dont il détient l'essentiel du marché. A 87 ans, l'artisan continue à produire. [...] Droit, le corps dissimulé derrière un tablier, les mains longues et l'oeil clair, Pierre Allain a aménagé le rez-de-chaussée de sa petite villa, à Uriage, en entreprise internationale. Et pourtant, "dans mon jardin, il n'y a pas de défilé de gros camions", aime-t-il à constater. Successivement, apprenti tourneur, monteur électricien et confectionneur de blouses, Pierre Allain vivait à Paris quand, en 1923, il découvre l'alpinisme à Allevard. C'est le coup de foudre. Passionné, il devient rapidement l'un des meilleurs alpinistes français. Il ouvre la face nord des Drues, l'arête du Crocodile et l'arête sud du Meije. En 1936, il participe à la première expédition française en Himalaya. Sa carrière d'alpiniste prendra fin, à l'âge de 80 ans, après l'ascension de la Dibonna. L'entreprise familiale se reconvertie donc dans la fabrication de matériel d'alpinisme. Tentes de bivouac, sacs à dos, chaussons d'escalade, vestes en duvet, Pierre Allain crée sa propre marque et devient le principal fournisseur du magasin parisien "Alpinisme, ski et camping", tenu par son père. Cependant, sans atelier, celui-ci s'avère trop étroit, lorsqu'il imagine d'adapter le mousqueton à l'alpinisme. Un mousqueton asymétrique et en métal léger. L'idée en tête, il confie alors le projet à l'un de ses amis installé dans les Alpes. Au bout de quelques exemplaires "ratés", Pierre Allain décide de quitter Paris pour aller les produire lui-même. En 1963, il s'installe à Uriage où il en produira jusqu'à 30.000 par an. Fort de son succès, il décide de se diversifier en lançant la production d'échelles de spéléologue. "Le marché est tellement petit qu'aucun industriel ne voulait se mouiller". Lui se jette à l'eau. Comme pour le mousqueton, il met au point l'outillage nécessaire à la réalisation des échelles, une machine originale et automatique tout droit sortie d'une longue réflexion. Le résultat est immédiat. L'artisan exporte son échelle au Japon, en Chine, en Suède, en Belgique, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, au Canada et en Allemagne. "Sans la moindre démarche commerciale ou publicitaire", précise-t-il. En 1991, la production a quelque peu diminué. Dans l'atelier, malgré leurs nombreuses années de service, les machines tournent toujours pour la réalisation d'un petit millier de mousquetons cette année. "Je travaillais jusqu'à quinze heures par jour au début. Maintenant, je me contente de cinq à six heures. Je commence vers 8 heures pour m'arrêter à midi. Je m'accorde une petite sieste après avoir mangé et puis je recommence à travailler de 15 à 17 heures". Heureux. "A cent ans, j'arrête", annonce-t-il fendu d'un large sourire. Quant à l'entreprise... "Des gens étaient intéressés pour prendre la suite. J'ai réussi à les décourager"... Source : "Un mousqueton dans la tête" / David Chapelle in Lyon Figaro, 3 septembre 1991, p.32.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP04315.
note bibliographiqueWikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Allain (consulté le 05-11-2014).

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